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Le Denier

Vœux pour l’année 2021

Notre archevêque


Au 1er janvier, il y a l’année que l’on se souhaite. Au 31 décembre, l’année que l’on a vécue. Les deux correspondent rarement. C’est vrai surtout de cette année 2020, tout entière affectée par un virus venu de Chine, dont on avait à peine entendu parler vers la fin de l’année précédente. En quelques semaines, des soucis, des peurs, des souffrances, des deuils, que l’on voulait croire contenus dans les limites de l’Asie, sont devenus notre quotidien. Car tout se mondialise à grande vitesse !

En ce début d’année 2021, dans ce contexte inédit, les traditionnelles cartes de vœux n’ont guère changé de format, ni d’inspiration. Ce sont toujours les mêmes supports, les mêmes souhaits conventionnels et prévisibles. Les cartes électroniques, loin d’innover, ajoutent encore à l’impression de rituel et de factice. Sans juger des intentions profondes de ceux qui les envoient en série, je m’autorise à ne pas répondre. Les phrases manuscrites, les paroles articulées, quant à elles, changent un peu de tonalité. On se souhaite, avec des mots plus choisis, une année « différente ».

Pour ma part, je souhaite que cette année soit sereine. Que nos cœurs gardent, au plus profond, la sérénité. Le concept est météorologique avant d’être moral. Un ciel serein est un ciel sans nuage. Or, notre horizon en ce début d’année reste chargé de menaces : beaucoup d’inquiétude économique et sociale, une grande détresse psychique, de nouvelles polémiques à propos des vaccins, des projets de lois clivants. Nous avons grand besoin de sérénité intérieure. La sérénité n’est pas la passivité devant une histoire inéluctable et intégralement subie, mais un ancrage en profondeur, quelles que soient les tempêtes en surface. La sérénité autorise un engagement résolu pour que cette histoire advienne selon les choix que nous estimons les meilleurs, tout en acceptant que le réel ne soit pas (ou pas totalement, ou pas tout de suite) tel que nous le désirons.

Je souhaite que cette année soit écologique. La pandémie ne doit pas nous distraire de ce qui s’impose désormais au bon sens comme une priorité transversale. L’enjeu est celui de notre survie. Beaucoup d’efforts ont déjà été déployés pour sensibiliser les peuples. Les Églises également s’engagent dans cette voie. Mais nous ne pouvons en rester à une écologie d’actions significatives, certes vertueuses, mais trop marginales. Il faut des décisions courageuses, des orientations durables, de la part des citoyens et des sociétés. Cela appelle un discernement éclairé, une grande maîtrise dans la conduite des actions. Cela implique des solidarités effectives. Le choix de certaines communautés chrétiennes (trop peu nombreuses encore) pour le projet « Église verte », la solidarité qui se dessine entre notre diocèse et le « Diocèse vert » d’Antsiranana, sont déjà des signes positifs, mais toute une culture reste encore à développer afin que soit assurée la sauvegarde de la maison commune.

Je souhaite que cette année soit fraternelle. D’une fraternité définie et vécue selon l’Évangile. Au-delà de celle que l’on range au nombre des principes intangibles, inscrits sur les frontons de nos édifices publics. La fraternité évangélique n’est pas une « valeur » que l’on proclame, mais un don que l’on reçoit. Jésus-Christ lui-même se donne à servir et à reconnaitre dans les frères, surtout les plus petits (Mt 25,40). « Et si on essayait ? » comme le suggère tout simplement le Secours Catholique, dans son projet de « révolution fraternelle » pour la nouvelle année. Fraternité avec les victimes de la pandémie, les exclus, les migrants, les chrétiens persécutés. La rencontre est promesse de joie, la justice est gage de paix. On est loin d’avoir encore tout essayé…

Bonne, heureuse, et sainte nouvelle année !

+ François KALIST
Archevêque de Clermont


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