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Le Denier

Une année pour célébrer « la joie de l’amour »

Notre archevêque


Le 19 mars prochain (solennité de saint Joseph) sera inaugurée une « Année de la Famille – Amoris Laetitia ». Cette initiative du pape François est relayée par les conférences épiscopales, dont la Conférence des Évêques de France. L’exhortation apostolique Amoris Laetitia, on s’en souvient, a été publiée le 19 mars 2016, couronnant une longue démarche synodale, inédite dans l’histoire de l’Église. Sous la signature du pontife romain, elle résulte des synodes célébrés sur le thème de la Famille en 2014 et 2015, eux-mêmes précédés par une consultation d’ampleur mondiale du Peuple de Dieu.

Nous avons à peine commencé à recevoir ce grand texte, dont le rayonnement, dans nos Églises diocésaines, semble parfois concurrencé par le succès durable de l’encyclique Laudato sì parue l’année précédente. Nous avons essayé, timidement, de nous approprier les chapitres abordant certaines situations familiales délicates, et même douloureuses (cf. notamment le chapitre 8). Cependant les ressources de cette exhortation sont immenses, et nous n’aurons pas trop d’une année pour les accueillir à nouveau : jusqu’au 26 juin 2022 précisément, date retenue pour la 10ème rencontre mondiale des Familles à Rome.

Bien sûr il nous faudra donner une nouvelle impulsion à l’accueil des situations matrimoniales complexes, qui se doublent souvent de questions délicates, et ressenties comme une profonde souffrance, au sujet de l’accès aux sacrements. Le Service national de la Catéchèse et du Catéchuménat (SNCC) prépare actuellement un document qui offrira des points de repère à ce sujet, dans le cas particulier des catéchumènes. Il faut encore élargir le champ de discernement et d’action. Dans la Province de Clermont, les Services diocésains de la Pastorale des Familles ont fait paraître un document (juin 2020) pour l’accueil et l’accompagnement des personnes séparées, séparées-divorcées, divorcées-remariées ou engagées dans une nouvelle union. Le travail se poursuit, en vue de donner quelques points de repères concernant les célébrations à l’Église lors d’une nouvelle union civile.

D’autres aspects de l’exhortation doivent encore être approfondis. Ainsi, ces derniers mois, la pandémie et le confinement nous ont souvent permis de redécouvrir la famille comme lieu du témoignage, de la charité, de la solidarité intergénérationnelle, de la prière commune, de la liturgie domestique. La publication du nouveau Directoire pour la catéchèse met aussi en valeur le rôle de la famille dans l’annonce de la bonne nouvelle. Le pape François a donné lui-même cette très belle définition de la famille : elle est « le lieu où l’on enseigne à percevoir les raisons et la beauté de la foi, à prier et à servir le prochain » (AL n° 287).

Devant nous s’ouvrent quelques pistes, que nous aurons à suivre, à explorer, à élargir, pour vivre cette année de la Famille, sans compter celles que nous pourrons inventer encore. Cette initiative intéresse toutes les communautés chrétiennes, paroisses, services, mouvements d’apostolat et de spiritualité, en particulier bien sûr les mouvements familiaux, mais tous les autres aussi, car la famille est une réalité transversale. Tous, nous avons une famille et Jésus-Christ s’adresse à toutes les familles.

Nous pourrons constituer des groupes de lecture suivie de l’exhortation apostolique, à l’initiative des paroisses, des mouvements d’apostolat, en partenariat avec les services diocésains, avec l’Institut Théologique d’Auvergne. Nous pourrons proposer des lieux de parole pour les personnes, les couples, les familles en situation complexes, particulières, douloureuses, afin d’aider au discernement et de rechercher, dans le dialogue, les solutions qui sauront tenir compte des épreuves, des désirs, des fragilités. Les mouvements d’apostolat de la famille (cf. Annuaire diocésain p. 271-272), mais d’autres également, pourront y aider par leurs initiatives et par l’écoute de la Parole de Dieu qu’ils proposent, dans un cadre de vie fraternelle. Les acteurs de la catéchèse auront à réfléchir davantage à la manière d’impliquer les familles dans une catéchèse en mutation, pour tous les âges de la vie et suivant une démarche catéchuménale. Au niveau diocésain, nous organiserons aussi des temps forts spirituels, de réflexion et de récollection.

Le service diocésain de la Pastorale des familles, en lien avec Mme Régine CHANTRAINE, Déléguée épiscopale pour les Mouvements et Associations de Fidèles, sera chargé de constituer une équipe diocésaine de pilotage pour coordonner les initiatives.

Nous pouvons dès à présent confier cette année à la sainte Famille. Année que je vous souhaite pleinement heureuse, dans « la joie de l’amour ».

+ François KALIST

Archevêque de Clermont


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