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Le Denier

Transfiguration du Seigneur le 6 août

Temps forts


Transfiguration          De même qu’avant les célébrations de la passion la liturgie nous place devant le mystère de la transfiguration le 2ème dimanche de Carême, ainsi quarante jours avant la fête de la Croix glorieuse le 14 septembre, elle nous fait célébrer la Transfiguration du Seigneur le 6 août. La fête est attestée en Orient depuis le Vème siècle.

         C’est ainsi que la préface de la messe présente le sens de la fête :  

Le Christ notre Seigneur a montré sa gloire aux témoins qu’il avait choisis,
le jour où son corps semblable au nôtre fut revêtu d’une grande lumière ;
il préparait ainsi le cœur de ses disciples à surmonter le scandale de la croix,
il laissait transparaître en sa chair la clarté dont resplendira le corps de son Eglise.

          Au centre de la scène que nous décrit l’évangile, comme au centre de l’icône ou du tableau qui la représentent, Jésus est déjà le Christ en gloire, avec ses deux témoins, qui ont eux aussi connu une révélation sur la montagne : le Sinaï pour Moïse, l’Horeb pour Elie. Ils représentent l’un la Torah, l’autre les Prophètes, et attestent ainsi que l’Écriture annonce Jésus le Christ ; le Christ lui-même enseignera les disciples d’Emmaüs : « Et partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait » (Lc 24, 27).

          Au-delà de la description des personnages, les manifestations extérieures -à voir et à entendre- sont bien celles d’une révélation divine : la nuée lumineuse et la voix. L’antienne d’ouverture de la messe précise : Au jour de la Transfiguration, l’Esprit Saint apparut dans la nuée lumineuse, et la voix du Père se fit entendre. Il s’agit donc d’une manifestation trinitaire, l’Esprit et le Père attestant que Jésus est le Fils de Dieu. Les paroles du Père reprennent celles entendues lors du baptême de Jésus dans le Jourdain : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » S’y ajoute aujourd’hui ce commandement : « Écoutez-le ! », invitant en quelque sorte les disciples à déplacer leur attention de la vision à l’écoute.

          Les trois disciples témoins choisis – Pierre, Jacques et Jean- sont également les trois que Jésus choisira pour veiller et prier avec lui à Gethsémani avant son arrestation. Les représentations picturales ou sculptées nous les présentent souvent dans des postures différentes, que l’on peut interpréter soit comme des différences entre les disciples, soit comme les différentes phases par lesquelles passe un même disciple –par exemple, de l’incrédulité à la foi, comme Jésus ressuscité y invite Thomas.

          Le texte de la préface insiste sur l’incarnation : ce n’est pas une vision de Dieu descendu dans une nuée qui leur est apparue, mais Jésus qui, dans son corps semblable au nôtre, sa chair, est revêtu d’une grande lumière. Ainsi donc, si la transfiguration du Seigneur est préfiguration de sa résurrection, elle est aussi espérance de la nôtre. Nous qui sommes membres de son corps qui est l’Église, Quand le Christ apparaîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est (antienne de communion, 1 Jn 3, 2).

          La lettre de Pierre, en option comme première lecture, rappelle que les Apôtres ont « été témoins oculaires de sa grandeur » et que « cette voix venant du ciel, (ils l’ont) eux-mêmes entendue quand (ils étaient) avec lui sur la montagne sainte » (2 P 1, 16. 18). Elle invite à « fixer votre attention sur (la parole prophétique) comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur jusqu’à ce que paraisse le jour et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs » (v. 19).

          Peut-être parmi nous, certains ont eu un jour une révélation fulgurante du Seigneur, qui leur donne la force de marcher dans les jours plus difficiles et parfois la nuit de la foi. D’autres se sont simplement mis en route à la suite du Christ sur le témoignage d’autres personnes. L’invitation qui nous est faite à tous, disciples du Christ, est de passer de la vision d’un jour à l’écoute de la Parole tous les jours –« Aujourd’hui, écouterez-vous sa parole ? Ne fermez pas votre cœur comme au désert… » (Ps 94, 8), nous laissant guider par elle –« Ta parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route ! » (Ps 118, 105), demandant chaque jour au Père d’entrer dans sa volonté, et non pas en tentation, nous qui à la suite du Fils unique sommes les enfants bien-aimés du Père.

Seigneur, dans la transfiguration de ton Christ,
tu as confirmé par le témoignage de Moïse et d’Elie la vérité des mystères de la foi,
et tu as annoncé notre merveilleuse adoption ;
accorde-nous d’écouter la voix de ton Fils bien-aimé,
afin de pouvoir un jour partager avec lui son héritage.
Lui qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.
(Prière d’ouverture).

          Dans huit jours, la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie nous fera contempler le chemin de la Mère de Dieu, de l’accueil confiant de la parole du Seigneur à la participation à la gloire de son fils, nous invitant à sa suite à l’écoute active : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5).

Elisabeth Raveneau,
service diocésain de Liturgie


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