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Ste Bernadette et le confinement

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En la fête de Ste Bernadette, 16 avril 2020

Bernadette a connu le confinement au cachot. Une famille nombreuse dans ce petit espace insalubre. La misère et la maladie marqueront son enfance et l’ont probablement isolé, elle qui n’allait pas à l’école. Illettrée à quatorze ans, elle se sent d’autant plus exclue qu’elle n’a pas été admise à la première communion. L’actuel confinement nous montre trois choses importantes : la solitude, la foi et le lien communautaire, la communion.

La solitude, reste en France la première cause de pauvreté. La privation de liens est présente dans le trio de pauvreté biblique : l’orphelin, l’étranger et la veuve ; autrement dit celui qui est seul sans famille, celui qui n’a personne parce qu’il vient d’ailleurs et celle qui n’a plus de mari pour l’épauler. Pour ceux qui sont privés de liens, on parle de misère sociale. Avoir la chance de rencontrer d’autres personnes c’est une des belles choses de Lourdes, on n’est pas seul. Bien sûr, ce confinement peut nous donner le temps de prendre soin de nous-mêmes, de nous retourner en nous-mêmes et de prier. La solitude pour Dieu peut animer toute une vie, c’est le cas des moines, elle devient alors une richesse, mais nous ne sommes pas tous appelés à devenir contemplatif seul…

La foi remplit ainsi toute vie. Le Seigneur est l’hôte intérieur qui vient habiter notre cœur, si nous le laissons entrer. C’est une des grandes choses qu’explique Bernadette, elle a découvert qu’elle comptait pour Dieu. Elle reconnaîtra aisément le grand bonheur d’être admise à la première communion, de recevoir le Seigneur. Non seulement elle s’y prépare sérieusement, mais elle sait que cet événement changera sa vie.

Lors de la première apparition elle commence par sortir son chapelet de sa poche. Toute pauvre qu’elle est, elle a un chapelet prêt, à portée de main. C’est le bréviaire du pauvre. Cette prière simple et continue nous attache à notre Père et nous relie à tous.

Ce sentiment d’être ensemble, même en l’absence de communauté, nous le vivons par la communion qui dépasse les apparences. Le besoin de communauté nous habite et le fait de prier nous unit d’autant plus quand nous savons les autres prier aux aussi, nous devenons alors des frères. La Dame en blanc demandera à Bernadette que l’on vienne en procession. Cette démarche ensemble, correspond à ce qu’est le pèlerinage, une démarche en peuple. Célébrer les sacrements, vivre la Messe appelle la communauté.

Seul pour Dieu, croyant par décision personnelle, nous  nous laissons transformer par la communauté appelée à devenir Corps du Christ. C’est l’itinéraire de Bernadette et le sens du pèlerinage. Toute vie est chemin et pèlerinage.

Que ce confinement nous aide à grandir dans nos qualités. Faisons de cette situation inattendue une chance pour contempler et accueillir et surtout, prendre plus conscience de notre besoin des autres et de la vie communautaire. A l’école de Bernadette renforçons-nous de la joie de pouvoir vivre le pèlerinage tant intérieur que dans le sanctuaire de Lourdes. Laissons le Seigneur nous faire grandir en espérance et en Charité.

Bernard Lochet
Vicaire général


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