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Le Denier

L’Avent au fil des textes de la liturgie : 4ème dimanche année liturgique A


espace spirituel bougie dans un cercle bordeau

Cette dernière séquence méditative, au fil des textes de l’Avent, nous introduit directement à la nativité du Christ, cette fête de Noël que nous allons célébrer dans la joie deux jours après ce 4ème dimanche de l’Avent.

Une étrange adoption

Il aura fallu 4 semaines pour que nous arrivions à « l’engendrement » de l’Emmanuel. Cette annonce déjà faite en Isaïe (7, 10-16), texte que nous lisons aujourd’hui.

En effet, toute la tradition chrétienne voit en cet écrit l’annonce prophétique du règne du Messie attendu.

Dans toute cette lutte des rois entre eux que décrit Isaïe et dont l’enjeu est Jérusalem, la Cité Sainte, le prophète demande au roi Achaz de faire un acte de foi en Dieu. Mais Achaz refuse de mettre Dieu au défi. Il s’agit pourtant d’un acte de confiance en ce Dieu qui s’est choisi Israël comme peuple élu.

Toujours le thème de la confiance en Celui qui nous dépasse, la seule qui conduise à la véritable renaissance et appelle Achaz à déplacer son regard sur le quotidien plus haut, plus loin…  

Espace spirituel ugolino di nerio

« Ecoutez donc, maison de David :
ne vous suffit-il pas de fatiguer les hommes ,
que vous en veniez à fatiguer Dieu ?
C’est donc le Seigneur qui va vous donner un signe »

 

Fatigués, les hommes ! et Dieu donne un signe… :

 » Voici, la jeune fille est enceinte et va enfanter un fils qu’elle appellera Emmanuel « 

Faire signe, nous savons ce que c’est : inviter, appeler , faire comprendre, se faire comprendre … Ici, le signe, c’est la prophétie d’une naissance. C’est bien mystérieux.
Il faut peut-être déplacer notre regard plus haut, plus loin , comme y est invité Achaz.

Avec l’annonce de l’Emmanuel – « Dieu Sauve » – c’est aussi de notre propre engendrement dont il s’agit : comme lignée Sainte, élue, comme enfant de Dieu :

« Moi, dit Jean Baptiste je vous ai baptisés dans l’eau mais Lui c’est dans l’Esprit… »

 

Le psaume 23 chante ce regard sur Dieu :

« A Yahvé la terre et sa plénitude,
le monde et tout son peuplement ;
c’est lui qui l’a fondée sur les mers
lui qui sur les fleuves l’a posée.

Qui montera sur la montagne de Yahvé
Et qui se tiendra dans son lieu saint ?
L’homme aux mains innocentes, au cœur pur,
Qui n’a point l’âme encline aux vanités,
Ni ne jure pour tromper ».

 

Dans les débuts des Epitres de saint Paul, nous avons des petites merveilles d’écriture.

Celle du texte de ce jour en est un exemple (Romains 1 , 1-7).
Soit dit en passant, par cette adresse, Paul – comme toujours avec lui – nous fait faire de la théologie ! Ce raccourci introductif de sa lettre nous initie.

Par sa lettre Saint Paul nous prend à témoins :
Depuis les prophètes, nous sommes dans l’attente d’un engendrement mystérieux.

« l’Evangile de Dieu était promis par les prophètes…
… il concernait une naissance établie dans la lignée du roi David
… il annonce la venue, selon la chair, du Fils de Dieu,
… Fils établi avec puissance par sa résurrection d’entre les morts ».

 

 Dans l’ Evangile de Saint Mathieu (1, 18-24) que nous lisons en ce 4ème dimanche, il est écrit :

« Joseph, fils de David, ne craint pas de prendre chez toi Marie,
ton épouse : car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus »

Espace spirituel maternité pastel

Joseph adopte l’enfant dont il n’est pas le père.
Marie adopte l’enfant qui épouse, en elle, notre condition humaine.
Irréelles et inconcevables paternité et maternité… ! Un acte de foi !

Et cela continue avec le nom !

Donner un prénom, le trouver, c’est une démarche intérieure, un investissement de père et de mère sur celui à naître et qu’il vont nommer.
Nommer c’est faire naître un petit être à la reconnaissance !

Ici aussi Joseph et Marie adopteront le prénom. Sa reconnaissance leur est imposée.
Il s’appellera « Jésus » – Dieu sauve / « Emmanuel » – Dieu avec nous

Voilà l’aboutissement des prophéties de l’Ancien Testament.
Ici débute l’histoire du Christ.

Tout commence avec cette venue parmi nous de l’Emmanuel, avec l’  » incarnation de Dieu  »

C’est l’inouï de notre foi, l’inaudible pour ceux qui en reçoivent le témoignage depuis les Apôtres du Christ (« Tu iras raconter cela à d’autres » est-il dit à Saint Paul lorsqu’il interpelle en public les incroyants).
L’Incarnation, c’est la spécificité du message de Noël que nous fêtons chaque année.

2007 ans que nous avons reçu Dieu parmi nous.
Il n’était pas une doctrine mais un être de chair, de notre propre chair, qui nous a laissé un message : l’Evangile.

L’Evangile de Mathieu que nous allons lire cette année, comme celui de Luc l’an dernier, nous confrontera à notre réalité et à notre religion ( = ce qui nous relie à Dieu).

2007 va se terminer. Le Bengladesh est sous les eaux. L’Iran n’a pas la bombe. La Chine n’a plus à s’éveiller. Les terroristes tuent. Les moines de Birmanie se sont tus sous la repression. Les dictatures persistent. Les ONG prennent tous les risques. L’ « étranger » dans la mondialisation est en quête d’une identité reconnue. Les manipulations génétiques nous font trembler.
Les restos du Cœur font salle comble. Nos banlieues se sont enflammées. Les Français sont inquiets des réformes et de leur pouvoir d’achat…. et les champs Elysées sont illuminés « en basse tension »…

Dans ce bref et incomplet aperçu de notre existence de 2007, où l’homme accomplit aussi chaque jour des merveilles bien discrètes et souvent peu mises en valeur, Noël approche, qu’éclaire-t-il pour les chrétiens ?
Il éclaire une démarche réaliste et difficile pour eux :

Il n’y a pas de foi vive sans que nous la confrontions à nos actes, sans que nous la nourrissions en communauté de croyants, sans que nous célébrions Celui qui en est la source.
La fête de Noël n’est pas dans le monde, dans la rue ou dans nos foyers sans passer par la crèche et tout ce qu’elle annonce aux hommes :

Vigilance, connaissance de Dieu, transcendance. Un véritable engendrement offert à tous.

M.B.

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