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L’Avent au fil des textes de la liturgie : 3ème dimanche année A


espace spirituel bougie dans un cercle bordeau

En ce troisième dimanche de l’Avent, nous poursuivons la lecture du Prophète Isaïe (Is 35, 1-6a.10).

Isaïe a reçu sa vocation prophétique dans le Temple de Jérusalem : annoncer la ruine d’Israël et de Juda en punition des infidélités du peuple.

A cette époque les rois d’Israël et de Juda entrent en coalition contre les Assyriens. Isaïe fait le lien entre les luttes humaines et la seule attitude qui vaille, se confier à Dieu ( le seul Dieu ) .

S’il a participé si activement aux affaires de son pays ( il est reconnu) c’est qu’il reste marqué par cette vocation où il a eu la révélation de la transcendance de Dieu et de l’indignité de l’homme.

Le style qu’il emploie a « quelque chose de triomphal et d’effrayant à la fois » – dit la Bible de Jérusalem -.

Espace spirituel ugolino di nerio

L’homme est souillé par le péché, Dieu exige la Justice dans les relations sociales et la sincérité dans le culte rendu. Autrement dit de faire un lien réel entre la vie et la religion.

De cette lutte de l’époque, un « petit reste » sera épargné qui répandra la connaissance de Dieu : Israël , les disciples du Christ , l’Eglise.

Le poème de ce chapitre ((35, 1-6a.10 ) s’inscrit dans cette foi lumineuse d’Isaïe. Seule la connaissance de Dieu peut « avoir raison » de notre vie terrestre et l’éclairer. Eclairer notre A-venir .

 

« Alors les yeux des aveugles se dessilleront »
« les oreilles des sourds s’ouvriront »
… pour les « libérés de Yahvé »
« un bonheur éternel transfigurera leur visage »

Voilà une autre clé de ce temps de l’Avent : la connaissance de Dieu est un bouleversement total pour l’homme !

– Cette lecture ( de la vie ) selon Isaïe est accompagnée par le Psaume 145 :

« Je veux louer Dieu tant que je suis
Jouer pour mon Dieu tant que je dure…
Ne mettez pas votre foi dans les princes, dans un fils de glaise,
Il ne peut se sauver, il retourne à la glaise,
Heureux qui a son espoir en Yahvé son Dieu » ….

 

– L’Epitre de Saint Jacques ( 5 , 7-10 ) nous propose la patience et la constance comme attitude et comme ligne de conduite. Celle des prophètes qui ont parlé de notre futur en même temps que du leur :

« Prenez ,frères, pour modèle de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur »

Cet accès à la connaissance de Dieu, et à la transformation profonde qui en découle pour nous, conduit à un travail constant et patient sur nous mêmes et sur la qualité des liens qui nous mettent en relation avec les autres.
Un combat dirait Saint Paul. Un chemin douloureux vers la sainteté qui produit en nous une métamorphose profonde.

Un peu comme cette « grâce » qui habite et dévore deux êtres qui découvrent qu’ils s’aiment.
Une grâce, un éveil à l’autre qu’il faut cultiver, entretenir.

– La conclusion de tout ces textes nous allons la trouver dans l’ Evangile de Saint Mathieu ( 11 , 2-11 )

Jean Baptiste, dont il était déjà question dimanche dernier, est en prison ( dangereux cet homme ! qui annonce un autre roi )
Jean Baptiste est le dernier des prophètes, celui qui annonce la venue du Christ, celui qui prépare la route pour l’accueil de l’Emmanuel.

Soleil derrrière les arbres

Questionné par lui depuis sa prison :

« Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre »
(sans douter absolument de Jésus, Jean Baptiste s’étonne de le voir réaliser un type de Messie si différent de celui que l’on attendait) (note de renvoi de la Bible)

le Christ répond :
« Les aveugles voient ,les boiteux marchent ,les sourds entendent »

Nous voici revenus, en écho, au texte d’Isaïe… mais il y a une autre petite phrase, tout de suite après dans le texte de Mathieu :

« Heureux celui pour lequel je ne serai pas une occasion de chute »

Alors on comprend mieux les interrogations terre à terre de Jean Baptiste… Entendre, voir, marcher, ces mots sont symboliques .

Etre « transfiguré » c’est accueillir un Dieu qui se donne sans limite Il vient pour donner Sa vie, nous la donner. Impensable pour ceux qui attendaient un Messie terrestre !

Le temps de l’Avent qui précède Noël est pourtant indissociable du chemin qui nous conduira à la Lumière de Pâques.

M.B.

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