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La Toussaint, aussi une Fête d’Espérance


Toussaint

La Toussaint, provoque souvent un sentiment de tristesse. Associée à la fête de nos morts, l’Espérance n’y trouve pas naturellement sa place. Pourtant c’est bien sur cette même Espérance ancrée dans la Résurrection du Seigneur que s’appuie la Foi des chrétiens. Méditation avec Denise, chroniqueuse de la rubrique « Espace spirituel » et accompagnatrice de familles en deuil.

 » Je me permets, d’exprimer ce que je crois ! »  sur cette vertu de l’espérance, contrairement à une personne, croisée à l’occasion d’une formation pour les personnes engagées dans le services des funérailles, qui nous disait : « Moi je n’ai pas besoin d’espérer, puisque je crois ! »

Les chrétiens établissent une connexion entre la Résurrection du Christ et la leur. Ils vivent dans l’Espérance de la Résurrection.

La Résurrection… Depuis les début de la chrétienté on s’interroge sur ce que peut bien signifier qu’être « ressuscité ». De nombreuses représentations picturales et des symboles ont nourri un imaginaire collectif qui navigue entre craintes (nombreuses) et confiance (parfois). Pour certains, ressusciter reviendrait à abolir toute espérance : passé les tourments de la vie sur cette terre, l’homme serait rassasié et comblé pleinement de sorte qu’il n’aurait plus aucune demande…

Présentation de jesus

N’est-ce pas pourtant le propre de l’homme que de se tourner vers son Seigneur pour demander ? Si l’homme ne demande plus, il n’est plus vivant ! Paradoxalement l’espérance s’assimilerait alors à un tourment dont nous espérerions la suppression, au prix de tout dynamisme vital, de tout élan intérieur. Revenir à cette conception de l’espérance qui se définirait par ce qui est tant attendu, à savoir la suppression de toute limite reviendrait à ne formuler qu’un désir d’espérance presque une illusion…

 

L’unique Bonne Nouvelle, c’est la Résurrection : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi… »

Grâce aux Evangiles celui que nous connaissons un peu, c’est le Christ qui atteste de la Résurrection. Il en parle, la définit, et même l’actualise dans ses actes. Ainsi, nous le voyons marcher sur la route d’Emmaüs, voyageur inconnu, qui conduit ses compagnons à expliciter ce qui les habite (Luc 24,13-35)

 

Le récit des pèlerins d’Emmaüs, une réponse

Ces deux disciples vont justement faire, à ses côtés l’expérience de l’Espérance. D’abord ils vont perdre leurs repères, être désemparés : « nous espérions, nous, que c’était Lui qui délivrerait Israël… » Leurs schémas pré-établis vont s’effondrer !

Ils énoncent ce qu’ils ont perdu…même le tombeau était vide… Seule, demeure une parole, peu crédible, selon laquelle Il serait vivant. Puis, une fois acceptée la perte de tous les objets, preuves rationnelles, ils sont passés au désir de la rencontre : « reste avec nous il se fait tard… » Et c’est au cœur de ce désir là que Jésus se fait reconnaître comme le Ressuscité, sans pour autant se laisser accaparer, puisqu’il s’efface, une fois « la preuve » offerte. L’espérance se réalise donc dans la reconnaissance, si le désir est là.

Lorsque nous sommes confrontés à une épreuve, nous aimons à nous penser dans une particulière communion avec le Christ. Dans ces moments c’est à l’épreuve de sa vérité que notre espérance est soumise ; d’autant plus lorsque surviennent l’échec, la souffrance, ou la mort. Alors, quand toute Espérance volontaire nous semble vaine, l’avenir bouché, nous perdons pied… Comment continuer à espérer sans autre perspective que celle de notre fin ?

 

Croire nous dispense-t-il d’espérer ?

Ma modeste expérience auprès des personnes en deuil, m’a permis de constater que si beaucoup de gens ont du mal à « croire », leur nécessité d’Espérer est d’autant plus vive. Leur apporter des paroles, des gestes qui vont les inviter à l’espérance est alors notre mission, notre responsabilité de croyants.

Pourtant le don de la Foi n’est pas forcément plus facile à vivre pour les croyants dans des situations difficiles, contrairement à ce que m’a lancé un jour l’épouse d’un défunt : « Vous, vous croyez, ce doit être facile pour vous ? » Non, la Foi n’est pas une potion magique qui nous empêche de nous poser des questions, de ressentir la souffrance de la disparition d’un être cher. Cependant, c’est bien l’Espérance qui nous tient debout et qui nous permet de continuer la route.

Alors affirmer « que la mort ne va pas à la mort, mais à la Vie » n’est pas un non sens. Comment le dire autrement, le signifier ? Par exemple, lorsqu’ advient la mort d’un proche, nous savons que les liens tissés dans notre histoire avec lui ne sont pas irrémédiablement abolis. Et même si dans ces moments-là nous n’y pouvons plus rien, nous espérons que l’autre « soit » dans cette même Espérance, même si nous restons marqués par l’absence, la distance, le bien qu’il ne nous apporte plus.

citation ch peguy

Cette Espérance chrétienne s’avère alors une vertu de la nuit ! Elle est la foi et même ce qui soutient la foi, lorsque savoirs, certitudes et expériences, semblent frappés de nos vanités humaines.

Oui, sachons transmettre, proposer, offrir et dire notre Espérance aux personnes que nous accompagnons dans ces moments douloureux. Allons au bout de ce en quoi nous croyons : Que le Christ ressuscité soit notre espérance !

 

D.P
Membre d’une équipe d’accompagnement
des familles en deuil
2006 – Issoire –

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