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La Cène et la Croix L’itinéraire du Christ


La Cène et la croix

Depuis quarante jours, les chrétiens se sont engagés dans une démarche spirituelle les conduisant à revivre l’évènement qui est au coeur de leur foi : La Passion et la Résurrection du Christ.

Après la Messe Chrismale, nous voici au Jeudi et Vendredi Saints.

« Bénis soient la coupe et le pain où ton Peuple prend Corps »

Cet extrait du psaume 115, lu le jeudi Saint, indique à lui seul l’héritage qui nous est laissé, à la veille de la Passion du Christ.

L’itinéraire pris par le Christ prolonge l’histoire du Peuple de Dieu et tout à la fois, accomplit le parcours de celui-ci en lui ouvrant un tout autre chemin.
La pâque juive célébrait l’événement décisif de la Vocation d’Israël, sa sortie d’Egypte où il était en exode (Exode 12, 1 ; 8. 11-12) :  » Vous mangerez en tout hâte : c’est la Pâque du Seigneur. Vous mangerez la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Ce jour là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de Pèlerinage. »
La Pâque chrétienne reprend tous ces symboles : l’attente, la marche vers un aboutissement, le repas, le mémorial d’un temps fort, une Fête.
Mais sans l’accomplissement dans la Résurrection de Jésus ces symboles forts ont un goût de scandale.
L’itinéraire de Jésus en effet est un paradoxe.
Celui tant attendu, annoncé par les prophètes, sensé rétablir une royauté terrestre, proclamant que cette royauté n’appartient pas à ce monde (« …mon Royaume n’est pas de ce monde » Jean 18, 36), est immolé par ceux-là même qui l’attendaient. Il blasphème…

espoir jeudi saint

Dans cet aboutissement qui fera scandale, les symboles forts prennent un autre sens. L’agneau immolé, c’est le Christ sur la Croix faisant le don de sa vie. Le repas, c’est la célébration collective et partagée de ce don : «  Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne (St Paul aux Corinthiens, première lettre 11, 23-26).
Ce passage sur terre de Jésus de Nazareth faisant le lien avec toute la tradition juive pour une conclusion dans l’au-delà va mobiliser les religieux de son époque, les apôtres, les disciples, et, jusqu’à nous un nombre infini de penseurs, de commentateurs, de mystiques, d’intellectuels… Ainsi tous ces éclairages avisés, inspirés, officiels, attestés par toute une tradition nouvelle nous conduisent de l’Eglise des Apôtres à l’Eglise d’aujourd’hui. Ce sont les hommes qui relaient le message, rien que des hommes s’affrontant à un contenu laissé par le Crucifié.
Cet événement historique que nous fêtons chaque année au cours de la Semaine Sainte interpelle profondément tout homme qui en a connaissance et qui, se retirant en lui-même, y consacre ne serait-ce qu’une interrogation.
Ce moment fondateur de la foi chrétienne est-il digne d’intérêt ? Est-il recevable ?
Pour en faire quoi qui puisse guider fondamentalement notre quotidien ? Qui puisse éclairer notre relation aux autres, qui puisse lever nos interrogations sur le futur, fonder une espérance ?…

 

Une solution pour suivre l’itinéraire du Christ est, sans doute, de plonger dans la lecture et la méditation des Ecritures,

et de regarder comment elles nous interpellent au moment même où nous les fréquentons :
«  Notre cœur n’était-il pas brûlant au dedans de nous, quand il nous expliquait les Ecritures  » (des pèlerins sur la route d’Emmaüs : Luc 24, 32)
La semaine sainte c’est le mémorial du passage du Christ parmi nous . C’est l’itinéraire qu’il a tracé au cœur de notre terre. C’est la destination qu’il nous propose.
Ô combien, en ces temps où nous sommes chahutés par nos incertitudes et nos difficultés pouvons nous trouver des réponses dans un retour aux sources qui peuvent abreuver notre foi.
Ce n’est pas un jeu de questions réponses. C’est un exercice de l’ordre de l’intime qui transforme le regard…

« Je suis la Vérité et la Vie. » (Jean 23, 6)

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…Qui donc peut alors prétendre incarner la Vérité ?

« Quelqu’un t’a-t-il condamnée ? » ( la femme adultère : Jean 8, 1-11)

…Nos jugements sans nuances sur les conduites humaines !

« Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent » ( Mathieu 6, 24)

…Comment être équitable et gérer la crise actuelle sans se
servir sur le dos des autres…

« J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger,
sans gîte et vous m’avez recueillis,
malade et vous m’avez visités… » (Mathieu 25, 35)

…à chacun ses repères

« Heureux ces serviteurs que
le maître trouvera fidèles à veiller… » (Luc 12, 37)

Partageons la veille et la Pâque du Christ
M.B.
2009

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