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Le Denier

D’annonce en annonce… avec Abraham (2)


Abraham 2

Suite de la méditation de Saint Ambroise de Milan… Une invitation de la communauté des Religieuses Dominicaines du Puy.

Dieu survient dans toute rencontre…

« Comment savoir si, tout en croyant avoir affaire à un hôte ce n’est pas Dieu que tu reçois ? Abraham, en offrant l’hospitalité aux voyageurs a reçu Dieu et ses anges : Recevoir un hôte c’est recevoir Dieu. C’est ce que tu lis dans l’Evangile, quand le Seigneur Jésus dit : « J’étais étranger et vous m’avez accueilli… Ce que vous avez fait à l’un de ces tout-petits, c’est à moi que vous l’avez fait (Mt 25,35.40) ».

« L’amour bondit, dans le temps du coeur… »

Abraham et les 3 anges chagall

Abraham et les trois anges, peinture de Chagall

On demande un accueil aimable, de la gentillesse et de l’amitié chez l’accueillant. Abraham t’enseigne les deux. Il courut à la rencontre et c’est lui qui a commencé à formuler une demande : « Seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas auprès de ton serviteur sans t’arrêter : qu’on apporte de l’eau pour vous laver les pieds, reposez-vous sous cet arbre. Je vais apporter du pain. Mangez et, après cela, vous continuerez votre chemin, puisque vous êtes passé près de votre serviteur » (Gn 18,3 et s).
Il en a vu trois et il l’a appelé « Seigneur » au singulier : il se reconnaît donc serviteur de ce Seigneur. Il n’est plus lié par des obligations d’un serviteur qui lui sont imposées mais il accomplit des gestes de simple courtoisie selon les usages reçus. »

Accueillir l’étranger, c’est accueillir Dieu, accueillir celui qui vient d’ailleurs. Cela devient source de vie. Dieu vient nous rendre visite aujourd’hui ; soyons attentifs à reconnaître sa visite.

« L’accueil, source de vie »

Abraham Gn

Mosaïque de Ravenne

Sara…

« Abraham se hâta vers la tente pour dire à Sara : vite, pétris trois mesures de farine et fais–nous des galettes (Gn 18,6). Par piété, le bon mari va offrir un présent mais il ne laisse pas sa femme à l’écart et ne s’approprie pas jalousement le tout. Il tient compte à juste titre de la ferveur et de la discrétion : de la ferveur parce qu’il veut que ce soit un présent du couple, de la discrétion parce que tout le mérite en revient à Sara.

Devant la tente, le mari guette l’arrivée des hôtes ; dans la tente Sara garde la discrétion féminine et accomplit sans risque les travaux féminins. A l’extérieur le mari invite, à l’intérieur Sara prépare le repas. Abraham se hâte et dit à sa femme d’en faire autant : elle montre ainsi à la fois sa ferveur et une foi égale à la sienne. »

Sara dans la tente…

Esapce spirituel Sara

Et là vient l’annonce !

Abraham citrail cathédrale clermont

« Ils mangèrent : Abraham se tenait debout sous l’arbre (Gn 18,8). Nous voyons que l’humilité rehausse la courtoisie de l’hôte. Abraham se tenait debout, et toi, tu occuperais la première place sur le divan ?
Cette humilité a trouvé sa récompense : un fils lui a été promis.
Il lui dit : Où est Sara, ton épouse ? Il lui répondit : Elle est sous la tente (Gn 18,9). Le Seigneur qui, par la suite, annonce la ruine prochaine de Sodome ignorerait-il donc où est Sara ? Non, il a voulu nous enseigner que les femmes doivent garder la pudeur au lieu de chercher à, attirer le regard des hôtes, accomplir leur tâche avec beaucoup de modestie. Abraham te murmure aussi à l’oreille que Sara vit sous la tente ; tu apprends ainsi ce que tu dois exiger de ta femme. Malgré son âge avancé, Sara garde une pudeur de jeune femme ; aussi le Seigneur lui a-t-il promis un fils. Sara avait cessé d’avoir ce qu’ont les femmes (Gn 18,11). Précision utile pour que tu n’ailles penser qu’elle pouvait encore enfanter.
Sara se mit à rire (Gn 18,12). Ce qui à mon avis n’est pas un signe d’incrédulité mais le présage de ce qui allait arriver. Elle a ri sans savoir encore pourquoi, parce qu’Isaac qu’elle allait mettre au monde serait la joie de tout un peuple. Parce qu’elle l’ignorait, elle a dit qu’elle n’avait pas ri, son rire était une prophétie.

Abraham accueille avec la seule joie de rafraîchir et de rassasier ses visiteurs. C’est alors que vient l’annonce, une annonce toute inattendue :
« Je reviendrai vers toi l’an prochain ; alors ta femme Sara aura un fils. » (Gn 18,10)

Abraham et Sara doivent accepter ce qui semble impossible à Sara, et qui l’a fait rire ; accepter ce fils impossible, inespéré.
Oui Sara raisonne avec son sens pratique, elle avait tout organisé, tout prévu pour la naissance d’Ismaël : c’était son affaire. A présent tout arrive sans qu’elle l’ait prévu, sans qu’elle comprenne : c’est l’affaire de Dieu.

Pour Israël comme pour les croyants qui se référeront à Abraham, il est important de voir ces deux attitudes d’Abraham et de Sara comme deux manières de répondre à l’appel de Dieu, comme on est, là où on en est. Ce Dieu ne vient pas pour « rectifier » l’homme pour qu’il puisse lui appartenir, mais partager et donner à qui accepte de recevoir.
Abraham n’a pas mis son orgueil dans ses réalisations personnelles mais il a eu confiance dans la promesse de Dieu.
Espérant contre toute espérance il devient le Père de tous les croyants ».

Saint Ambroise de Milan

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