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Le Denier

Corps en souffrance


Christ croix

L’Eglise consacre un dimanche du début février aux malades. Une manière d’attirer l’attention des chrétiens sur le quotidien douloureux de ceux qui sont à deux pas de chez eux, à domicile ou en institutions de soins. Une occasion d’avoir une pensée spéciale pour les soignants, les professionnels de la Santé et tous ceux qui accompagnent leurs frères atteints par la maladie et participent à leur souffrance et à leur combat.

La souffrance de l’homme entraîne l’interrogation sur le mal et sur l’être. Nous sortons à peine de la période des vœux où ,  » par dessus tout  » nous nous souhaitons la santé, clé de tout.

Cet élan sincère est en miroir l’expression lucide et dramatique de la condition de l’homme. Dès la naissance il y a corps à corps avec soi, avec cette  » enveloppe  » gouvernée par notre esprit, mais terriblement fragile et dépendante.

Lorsque le mal apparaît, celui qui s’ y confronte entame un dialogue difficile avec lui-même et son entourage. Il subit, combat, fuit, se révolte, assume, lutte avec la science (ou la juge) , colmate, réorganise ou  » laisse couler « . Non seulement le malade est face à lui mais il est dépendant d’une aide et du regard des autres sur lui même.

A travers l’information nous sommes souvent confrontés à la souffrance, jusqu’à l’insoutenable et parfois indécent voyeurisme :

Corps victime d’attentat. Corps limité dès la naissance par un handicap, corps violé, humilié, mutilé. Corps accidenté. Corps suicidé. Corps mis en risque au risque de la vie des autres. Corps souffrant des prisons ou geôles. Corps torturé. Corps déserté par la lucidité, au psychisme atteint.

Chaque jour, plus anonymement, sans grand fracas (mais nous savons que nous pouvons compter avec) fonctionne le cortège médical et médico-social des unités de soins, institutions spécialisées, établissements pour personnes âgées dépendantes … . Chaque jour aussi des familles assument.

Loin du  » corps culte  » nous savons des personnes au paroxysme de la douleur et de la lutte, jeunes ou vieilles. Corps et cœurs en combat, en oubli, délaissés ou visités. Corps et cœurs parfois d’une admirable dignité construite jour après jour …

journee des malades - espace spirituel

Voilà la question de ce dimanche de février : SOUFFRANCE ET SENS …

Nous n’ y échappons pas pour nous-même, ou dès lors que nous ouvrons réellement les yeux sur l’autre, en souffrance criante ou discrète.

Journée spéciale de l’attention aux malades , trop court ! … un appel à notre quotidien.

Pour nous, chrétiens, le corps malade dans sa condition humaine, appelle le corps ressuscité de la Foi Pascale. N’allons pas chercher loin Celui qui résume le plus haut degré de l’incarnation de la douleur humaine et celui du plus grand abandon au Tout-Autre …

Nous voici à Gethsémani au jardin des Oliviers où le Christ est avec ses disciples, avant son arrestation :
 » Mon âme est triste à en mourir ; demeurez et veillez.[…] Il priait pour que, s’il était possible, cette heure passât loin de lui « . Et il disait : « Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ( Marc 14, 34-36 )

Voilà ce qu’ il est devenu Celui qui guérissait tous les malades qui se pressaient à sa porte : une Pâque vivante, un  » passage » vers son Père, offert au monde.

M.B.
2006

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