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Le Denier

Passer la mort avec Jésus

Services diocésains


A nouveau une invitation au voyage : Traversée de la ‘Vallée de la mort’, à pied, sans bagage, à la lumière vacillante d’un cierge, avec guide expérimenté, spécialiste du grand passage et sauveteur diplômé. Toute confiance en lui requise. Consigne simple : mettre nos pas dans ses pas. L’offre s’adresse à tout un peuple : on peut venir accompagné, et retrouver ses frères sur place. Expérience annuelle unique, après la première pleine lune de printemps.

Vigile pascale Cierge pascal
« Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,

Car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure » (Ps 22,4)

 

Cette expérience, l’Eglise nous invite à la vivre chaque année, au début de la Veillée pascale, dans chacune de nos paroisses et communautés, lorsque nous nous mettons en marche et entrons dans l’église à la suite du cierge pascal. Parce que nous suivons la lumière du Christ ressuscité, qui a vaincu la mort, nous n’avons pas peur d’affronter le noir et les ténèbres, celles du monde, mais aussi nos propres ténèbres et notre propre mort. Nous marchons à sa suite, porteurs de sa lumière, et nous rendons grâce à Dieu.

Le chant de ‘l’Exultet’ qui annonce la Pâque, nous réjouit le cœur :

Voici la nuit où tu as tiré d’Egypte les enfants d’Israël, nos pères,
et leur as fait passer la mer Rouge à pied sec.
C’est la nuit où le feu d’une colonne lumineuse repoussait les ténèbres du péché.

C’est maintenant la nuit qui arrache au monde corrompu, aveuglé par le mal,
ceux qui, aujourd’hui et dans tout l’univers, ont mis leur foi dans le Christ :
Nuit qui les rend à la grâce et leur ouvre la communion des saints.
Voici la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s’est relevé victorieux des enfers.

(annonce de la Pâque, 1ère et 2ème formules)

Après nous avoir fait vivre ‘par les pieds’ ce passage, la liturgie nous ouvre le sens de cette expérience.

La liturgie de la Parole, en cette longue nuit où nous veillons dans l’attente de la résurrection –la nôtre, à la suite de Jésus, le Christ- nous fait réentendre, à la lumière du Christ ressuscité, les récits de la première alliance où Dieu se révèle Créateur et Sauveur. A chaque lecture, nous répondons par le chant d’un psaume ; les prières prononcées par le prêtre en notre nom à tous redisent le sens du baptême.

Et après le chant du ‘Gloire à Dieu’, la lettre de saint Paul aux Romains dit ce que le baptême réalise en nous :

Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus,
c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.

et notre espérance :              

Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.

Enfin retentit l’alleluia pascal avec le chant du psaume 117 : Rendez grâce au Seigneur, éternel est son amour !

Et pour nous est proclamé l’Evangile, la ‘Bonne nouvelle’ reçue par les femmes venues au tombeau :

Vous cherchez Jésus le Crucifié ? Il n’est pas ici : il est ressuscité !     

La résurrection du Christ Jésus est une bonne nouvelle pour le monde, car chacun de nous est appelé à y participer. En célébrant la liturgie baptismale, au cours de laquelle les catéchumènes et les petits enfants sont baptisés et les baptisés de plus longue date renouvellent la profession de foi de leur baptême et sont aspergés en rappel de celui-ci, nous signifions notre participation au mystère pascal du Christ :

Frères bien aimés, nous aussi, par le mystère pascal nous avons été mis au tombeau
avec le Christ dans le baptême, afin qu’avec lui nous vivions d’une vie nouvelle !

L’eucharistie dans laquelle nous nous associons à l’unique sacrifice du Christ sur la croix et sommes constitués corps du Christ ressuscité par l’Esprit Saint dans la communion au corps et au sang du Christ, nous fait anticiper la joie du ‘Royaume où  nous espérons être comblés de la gloire’ de Dieu, ‘tous ensemble et pour l’éternité’.

Renouvelés par les ‘sacrements de la Pâque’, nous sommes  envoyés témoigner par toute notre vie de la bonne nouvelle de la résurrection : témoignage parfois en parole, mais surtout en acte. Le don total de notre vie pour nos frères n’est pas encore accompli dans toute notre existence : nous n’en finissons pas d’accepter de mourir. C’est pourtant l’amour inconditionnel de nos frères, jusqu’au bout, qui est signe pour le monde que le Christ est vainqueur de la mort, et que nous ne sommes pas voués à la mort éternelle, mais appelés à la vie. 

Chaque printemps, nous sommes invités à renouveler l’expérience pascale et à nous préparer ainsi, d’année en année, à vivre le dernier et grand ‘passage’ dans la confiance : parce que le Christ Jésus, tête du corps, est déjà passé, alors tout le corps suivra.

Et que passent tous les hommes de cette terre à ta grande maison, par Jésus-Christ !
(annonce de la Pâque, 3ème formule).

 

Et si la ‘Vallée de la mort’ avec ses paysages desséchés, ses failles et ses dépressions, existe bien en Californie, nous avons plus modestement dans notre diocèse le ‘Creux de l’enfer’, où les eaux de la Durolle, bouillonnantes à cet endroit, peuvent nous évoquer les eaux du baptême dans lesquelles notre ‘vieil homme’ a été mis à mort. Oui : 

Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ, alleluia !    

(tropaire1 liturgie byzantine).


1 Tropaire : Strophe ou courte pièce poétique introduite dans un texte liturgique. Dans la liturgie de rite byzantin le tropaire est souvent appelé « Grande Antienne ». (Source : eglise.catholique.fr)


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