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Le Sacré-Cœur de Jésus …

Temps forts


Sacré-Coeur

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus est à l’initiative du père saint Jean Eudes et de sainte Marguerite-Marie Alacoque (1672 et 1673). Ils ont voulu rendre grâce pour la richesse insondable du Christ (cf. Ephésiens 3,8) et offrir aux hommes de contempler le cœur du Christ transpercé par amour pour le monde (cf. Jean 19,37).

Selon l’année liturgique, les textes évangéliques nous donnent à méditer sur la miséricorde du Christ, pour ses amis : l’appel à ceux qui peinent (Matthieu 11), la mort du Christ sur la croix (Jean 19), ou la parabole de la brebis perdue et retrouvée (Luc 15).

La préface de la fête se réfère à la tradition qui voit l’Église naître du côté ouvert de Jésus. Sainte Bénédicte de la Croix (Edith Stein) est proche de cette tradition, quand elle estime que l’Église naît du dernier repas de Jésus.

L’antienne de la communion (Jean 7,37) nous invite à revoir l’œuvre du salut de Dieu, exprimé tout au long de l’Écriture Sainte, sous le motif de l’eau qui étanche toute soif. Ainsi, par exemple, le rocher frappé par Moïse dans le désert (cf. Exode 17,5-6), l’eau reçue gratuitement – signe de la parole de Dieu offerte à qui la cherche (cf. Isaïe 55,1) –, l’eau qui sort du Temple comme un torrent qui donne la vie (cf. Ezékiel 47,9), jusqu’à cette femme de Samarie, épuisée par une source à laquelle il faut chaque jour puiser et n’en être jamais rassasié (cf. Jean 4,14).

La fête du Sacré-Cœur de Jésus nous conduit à puiser en lui tout cet amour qui nous manque tant et qu’en lui déborde.

Et l’église du Sacré-Cœur …

Selon l’auteur d’un article – pas très inspiré – dans une revue sur l’art sacré, d’un temps lointain : « L’église du Sacré-Cœur de Clermont est la plus laide des églises de France » !

En revanche elle est, aujourd’hui, une église bien appréciée par celles et ceux qui s’y rendent. Outre les gens du quartier, sa messe du dimanche matin à 11h, regroupe des paroissiens de toutes conditions sociales et de toutes origines. Le Sacré-Cœur, avec ses bras ouverts, accueille le monde ! Et c’est bien sa mission.

Dans cette église du Sacré-Cœur, sise au 91 boulevard Lafayette, on peut voir un vitrail qui rappelle sa fondation. L’évêque de Clermont – Monseigneur Marnas –, en fonction à la date de la fondation, en 1924, présente son église au Sacré-Cœur de Jésus. À ses côtés se tiennent le curé fondateur, l’Abbé Boige et son vicaire, l’Abbé Ferrandon (il venait d’achever ses études au séminaire Saint-Sulpice), y recevait là sa première nomination.

Les paroissiens du Sacré-Cœur venaient des cités Michelin de la Raye-Dieu, de l’Oradou et de la Pradelle. De nombreuses Fêtes-Dieu et fêtes du Sacré-Cœur se tinrent dans l’enclos du Sacré-Cœur, juste au-dessus, au démarrage de la rue des Neuf Soleils.

Dans ce même vitrail, face au Sacré-Cœur de Jésus, est représentée sainte Marguerite-Marie Alacoque, qui reçut une vision du Sacré-Cœur en 1673. L’atelier Barathe, qui se trouvait à l’époque, place Dellile, fut chargé de sa réalisation des deux grands vitraux de l’église.

En face de ce vitrail, un autre, d’une disposition similaire : en trois fenêtres, avec au centre, la Vierge Marie telle qu’elle apparut à sainte Bernadette, à Lourdes (vitrail de gauche) ; dans la partie droite, la scène d’un événement qui concerna l’église du Sacré-Cœur et ses habitants.

La famille Bohatier habitait la rue de l’Oradou. Leur quatrième enfant, Maryse, souffrait depuis mai 1944 d’une importante paralysie (laissons là les termes techniques), si bien qu’elle ne pouvait plus se lever. Quant une septicémie se déclara en janvier 45. Au jour de la Fête-Dieu, on pavoisait le boulevard Lafayette de fleurs, et on faisait la procession jusqu’à l’enclos des Neuf Soleils. La famille décida d’y transporter Maryse. Au moment où passait la procession du Saint-Sacrement, Maryse fut instantanément guérie, au point qu’elle put rentrer à pieds au logis familial ! Le docteur Jean Piollet constata l’inexplicable guérison.

Certes cette église paraît un peu curieuse avec ses deux tours massives surgissant du massif triangulaire de la nef, encadrant une immense statue du Sacré-Cœur qui accueille le monde. L’ensemble manque d’harmonie, par ces masses qui se répondent peu. Certes son béton gris sable, qui s’abîme avec le temps, ne la rend pas très avenante. Pour arranger le tout, son acoustique est déplorable. Mais que les gens s’y sentent bien ! Combien ont témoigné avoir trouvé une communauté accueillante et chaleureuse. La variété des personnes suffit à le croire.

Vendredi 19 juin 2020

P. Didier Pentecôte op


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