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L’Ascension du Seigneur

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Ascension PeruginDans le sillage de la Résurrection, l’Église nous invite à célébrer après quarante jours l’Ascension du Seigneur. De même que « Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins » (Ac 2, 32), ‘Dieu élève aujourd’hui son Fils dans la gloire’ (Bénédiction solennelle de l’Ascension), ‘au-dessus de tout’ (antienne d’ouverture). ‘Le Seigneur Jésus est aujourd’hui ce Roi de gloire devant qui s’émerveillent les anges’ (Préface I). L’Ascension, en effet, est le dernier mouvement de la mission terrestre de Jésus.

Ainsi, après la parenthèse de sa vie terrestre, les choses semblent rentrer dans l’ordre : le Fils de Dieu au ciel, trônant auprès de son Père, et nous ici-bas sur la terre. Chacun à sa place ?

Pourtant, en montant au ciel, ‘le Seigneur Jésus, vainqueur du péché et de la mort (…) ne s’évade pas de notre condition humaine : mais en entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son corps l’espérance de le rejoindre un jour’ (Préface I). Ainsi l’ascension du Seigneur nous concerne nous tous : elle ‘est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi (le Père), et c’est là que nous vivons en espérance’ (Prière d’ouverture).

Loin donc de nous assigner une place ici-bas, l’Ascension du Seigneur nous en ouvre une ‘là-haut’. Si le Christ ‘tête’ du corps est passé de la mort à la vie, nous ‘membres’ de son corps nous pourrons passer nous aussi à sa suite. Mystère pascal de la mort, résurrection, ascension du Christ accompli pour Jésus -«  Jésus dit : ‘Tout est accompli.’ Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit » (Jn 19, 30)- et en attente d’accomplissement pour nous ‘Nous vivons dans l’espérance que s’accomplisse en nous le mystère de Pâques’ (Préface des dimanches VI). Nous demandons au Père : ‘Guide-nous jusqu’au bonheur du ciel ; que le troupeau parvienne, malgré sa faiblesse, là où son pasteur est entré victorieux’ (Prière d’ouverture, 4ème dimanche de Pâques).

L’icône de l’Ascension, vénérée dans les églises d’Orient, raconte en image ce mystère : personnage plus grand que les disciples au centre de l’icône, la Mère de Dieu est ici figure de l’Église, épouse et corps du Christ, en prière dans l’attente du don de l’Esprit, et de la pleine réalisation du mystère pascal en chacun de ses membres.

Ainsi la prophétie-mensonge du serpent « Dieu sait que vous serez comme des dieux » (Gn 3, 5) appelant l’homme à se défier de Dieu trouve-t-elle ici son antidote absolu : Dieu nous donne lui même d’être comme lui. Le jour de Noël, où la naissance du Sauveur est annoncée aux bergers, nous demandions au Père : ‘Fais-nous participer à la divinité de ton Fils, puisqu’il a voulu prendre notre humanité’ (Prière d’ouverture). À l’Ascension, nous lui offrons ‘notre action de grâce (…) par le Christ, notre Seigneur. Car il s’est manifesté après sa résurrection, en apparaissant à tous ses disciples, et, devant leurs yeux, ils est monté au ciel pour nous rendre participants de sa divinité’ (Préface II). Oui, il est notre Sauveur !

Et ici-bas, quelle est notre place ? « Ne pas quitter Jérusalem » : un confinement provisoire, assorti d’une promesse « dans l’Esprit Saint, vous serez baptisés d’ici peu de jours » (Ac 1,4-5). Ensuite, la force reçue quand l’Esprit saint viendra sur nous est une puissance déconfinante, qui ne permet ni place assise, ni statu-quo : « Allez ! » De même, chaque célébration nous envoie. Et ce n’est pas pour nous dire ‘Restez chez vous’, mais pour nous missionner « De toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19).

L’autre place dont avait parlé Jésus pour ses disciples est une place à genoux, celle du serviteur : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Jn 13, 14-15). La force de l’Esprit Saint qui rend les disciples capables de témoignage est aussi celle de l’amour inconditionnel au service de ses frères, qui est lui-même témoignage :  « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35).

Quant au Seigneur Jésus, sa place n’est pas non plus statique : s’il est ‘assis à la droite du Père’- c’est-à-dire son égal, ‘il s’élève au plus haut des cieux, pour être le Juge du monde et le Seigneur des seigneurs, seul médiateur entre Dieu et les hommes’ (Préface I). Le tableau du Pérugin le présente ainsi, entre le Père du ciel et les hommes de la terre, vrai Dieu et vrai homme. Christ Sauveur, une fois pour toutes ; Christ médiateur, à jamais. Dans la liturgie, c’est toujours par le Fils que nous prions le Père, dans l’Esprit.

Pour l’Ascension du Seigneur, demandons au Père de nous ouvrir à la joie et à l’action de grâce (Prière d’ouverture), et aussi de mettre en nos cœurs un grand désir de vivre avec le Christ, en qui notre nature humaine est déjà près de lui (Prière après la communion). Même si nous ne pouvons encore en ce jour recevoir ‘les biens du ciel’ dans la communion au pain consacré, nous pouvons nous réjouir du don de sa Parole et de la création, de nos frères présents ou absents. Enfin, recevons l’appel de la bénédiction solennelle : ‘Vous  savez qu’il est assis à la droite du Père ; mais cherchez-le, trouvez-le aussi près de vous, jusqu’à la fin, comme il l’avait promis.’

Elisabeth Raveneau, service de Liturgie

Ascension Cathédrale de Clermont

L’Ascension dans l’art quelques exemples au fil du temps

Une proposition d’Isabelle Zylberberg, responsable du service audiovisuel du service de catéchèse.

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