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Homélie du jour de Pâques

Paroisses


Homélie du Père Bernard Lochet.

 

Les évangiles de la résurrection présentent les femmes et les disciples courant. Les femmes courent annoncer aux apôtres, qui à leur tour courent au tombeau et toutes ces courses aboutissent au constat : Jésus n’est plus dans le tombeau. C’est difficile d’interpréter le vide.

Les femmes ont le secours de l’ange qui leur annonce l’absence de Jésus et puis le Seigneur donne rendez-vous en Galilée. Autrement dit Jésus nous attend partout où il y a des hommes, la Galilée c’est le carrefour des nations.

Nous ne courons plus ou plus beaucoup et si Jésus est sorti du tombeau nous sommes confinés dans nos maisons. Nous fêtons Pâques au tombeau ? Oui un peu, comme le paralytique pour lequel on ouvre le toit pour qu’il soit devant Jésus dans la maison. Mais la guérison de cet homme couché sur son brancard lui donne de sortir et nous ne sortons toujours pas.

Plus que l’enfermement dans nos logis, il y a peut-être des façons plus sournoises nous maintenant prisonniers. Nos idées, nos habitudes, nos égoïsmes nous enferment aussi. Si nous attendons la libération beaucoup rappellent le changement vécu dans la période présente et le fruit que nous pouvons en tirer. C’est une invitation de ne pas revenir à ce que nous vivions auparavant, afin que ce temps nous ait été profitable pour avancer quand sonnera l’heure de la libération.

Le Christ a vaincu la mort, cela nous rappelle, d’abord, que nous mourrons et notre existence connaitra une fin. Cela nous le savons bien-sûr, le sens de Pâques c’est de nous rappeler que notre mort n’est pas la fin de tout, au contraire elle est passage. La rencontre encore timide que nous faisons avec le Seigneur est appelée à se déployer d’une manière que nous ne soupçonnons pas. La maladie et nos difficultés à la combattre nous rappellent l’emprise et les limites de la mort. Elle est vaincue et ne doit pas nous faire peur, gardons-nous ainsi d’un attachement excessif à la vie, bien sûr que nous y sommes attachés, c’est normal et nécessaire, mais l’acharnement qui nous accroche de manière quasi désespérée à ce monde n’est pas bon.

Nous le savons, l’essentiel ne sera jamais matériel, les biens, le confort engagent des choix polluants et une exploitation de la terre déraisonnable. La vie sobre est un choix difficile qui nous oblige à donner préférentiellement la première place à la qualité de la relation. C’est ici où la promesse du Seigneur de la vie éternelle nous entraîne dans un double mouvement, d’une part nous détacher des biens matériels et d’autres part vouloir des relations toujours plus fortes avec nos frères.

Enfants du même Père nous souhaitons nous retrouver en famille au-delà de toutes limites. Ceux qui nous ont quitté nous manquent et la période actuelle a rappelé combien l’impossibilité d’accompagner les morts nous a collectivement marquée. La fête de Pâques nous signale cet élargissement de l’horizon de nos existences et la promesse du Seigneur de nous attirer tous à lui de manière définitive. Cette attente de la vie en Dieu nourrit et transforme notre aujourd’hui. D’une part elle nous détache de nos volontés de possession et d’autre part elle nous rend attentifs à l’essentiel du partage avec nos frères, elle donne du prix aux gestes du quotidien.

Frustrés de la communauté nous aspirons à vivre ensemble. Le Corps du Christ nous a manqué dans sa double dimension de peuple de Dieu et de nourriture. Nous expérimentons le lien entre la faim de la rencontre des frères, la privation du peuple que le Seigneur rassemble, comme de la Communion au don du Seigneur présent dans le pain offert et les deux s’interpellent l’un l’autre. Communauté et communion sont deux mots qui dérivent l’un de l’autre et garde cette proximité révélant l’intimité avec Dieu au cœur de toute rencontre.

Le Christ ressuscité est présence de Dieu au milieu de nous. Le Christ Jésus est avec nous toujours, tout le temps. Cette présence du Seigneur c’est à nous d’en profiter pour ne jamais être seul. Ne cherchons pas le Seigneur en des endroits impossibles, il est vraiment avec nous et se laisse approcher. Alors courons vers la vérité de la rencontre du Seigneur.

Bonne fête de Pâques à tous, Christ est ressuscité. Alleluia !

Pâques 2020


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