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Le Denier

Homélie du 8 novembre 2020

Commentaire évangile


La fin de l’année liturgique approche et c’est chaque année l’occasion, après la Toussaint et la commémoraison des fidèles défunts, de nous interroger sur la fin de l’histoire, la fin de notre histoire. Notre société, habituellement, tente d’occulter la réalité de la mort. Mais la situation actuelle la rend tellement présente au quotidien : la pandémie et la liste quotidienne des morts qu’elle provoque, la violence terroriste qui frappe partout dans le monde nous rappellent sa réalité concrète et inquiétante. Les lectures de ce jour nous parlent aussi de cette échéance inéluctable mais imprévisible.

St Paul dans la deuxième lecture, nous rappelle que la mort n’est pas la fin de tout : « Nous serons pour toujours avec le Seigneur. ». Les Thessaloniciens, comme les autres premiers chrétiens, pensaient la fin des temps imminente et s’inquiétaient du sort de ceux de leurs frères qui étaient morts avant cette rencontre avec le Ressuscité. Paul assure que ceux qui sont morts sont aussi appelés à la résurrection.

La parabole que raconte ensuite Jésus, telle que Matthieu la relit, annonce que cette rencontre définitive avec le Seigneur peut tarder à venir. Le retour du Christ pour rassembler la totalité de l’humanité dans la maison du Père peut se faire attendre. Les jeunes filles de la parabole en font l’expérience : l’époux qu’elles doivent accueillir avec leurs lampes allumées n’arrive pas. Cinq d’entre elles ont eu la sagesse de penser à ce retard possible et elles ont pris une petite réserve d’huile pour être prête quand l’heure sera venue.

Nous pourrions être choquées que ces jeunes filles ne soient pas très charitables et refusent de partager leur réserve avec leurs compagnes imprévoyantes. Mais ce n’est pas le propos de la parabole. Peut-être veut-elle nous dire que c’est à chacun d’être prévoyant et d’être prêt pour la rencontre décisive. Je ne peux pas être prêt à la place d’un autre ! Et la fin de la parabole, dure à entendre elle aussi, nous avertit qu’à un moment, quand la porte de la salle des noces aura été fermée, il sera trop tard. C’est aujourd’hui que nous devons décider d’être prêts, d’avoir ce quoi garder notre lampe allumée.

Les paroles des deux prochains dimanches nous rappelleront comment nous comporter pour n’être pas surpris au moment de la venue du Seigneur, au moment de la rencontre avec lLui. Mais nous le savons déjà. Être prêt, c’est accepter de marcher avec Jésus sur le chemin qu’il nous a tracé et qu’il a emprunté avec nous. L’évangile de la Toussaint nous rappelait le programme d’une vie ajustée à celle de Jésus.

Le chemin du bonheur que Jésus nous annonce, c’est celui de la pauvreté du cœur, de l’ouverture aux autres, le chemin du service de la justice et de la paix, de la compassion pour ceux qui sont dans la peine. Dans les jours que nous vivons, c’est bien ce chemin que nous devons prendre et c’est bien de ce bonheur que nous devons témoigner. Dans ce monde marqué par la violence, la haine, les divisions, dans ce monde où l’avenir est si sombre, nous devons dire, en paroles et en actes, l’espérance qui nous habite. Nous devons refuser de nous laisser enfermer dans la peur et la méfiance, dans le désir de vengeance.

Le pape François vient de nous rappeler que nous sommes tous frères et sœurs, fils et filles du même Père qui nous aime tous, quels que soient notre histoire, nos souffrances, notre péché, notre inhumanité et qu’il nous tend les bras. « Mon âme a soif de toi, Seigneur mon Dieu » dit le refrain du psaume. Cette soif de Dieu nous anime-t-elle ? Est-ce bien ce Dieu que nous cherchons, en qui nous mettons notre confiance ? En ces jours où nous sommes privés de la célébration de l’Eucharistie, nourrissons-nous de la Parole de Dieu et, dans l’espérance de la victoire de la vie sur toutes les formes du mal, veillons à tenir nos lampes allumées et notre cœur ouvert.

Jean-Louis Vincent


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