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Le Denier

Histoire de la vie religieuse en Auvergne

Communautés religieuses


Il ne s’agit pas ici d’une histoire exhaustive de la vie religieuse du diocèse mais plutôt d’une tentative de mettre en relief ce qui en fait son originalité.

Le diocèse d’Auvergne comptait 7 archidiaconés : Clermont, Souvigny, Cusset, Billom, Brioude, St Flour, Aurillac, soit plus de 1000 paroisses. Le diocèse de St Flour est créé en 1317  et comprend 5 archiprétrés : St Flour, Aurillac, Langeac, Brioude, Blesle. Le diocèse de Moulins quant à lui date de 1822. Le monachisme a été introduit en Auvergne au début du VIe siècle par un ermite : Abraham, qui s’installe dans le quartier de St Alyre ; d’autres ermites (à Royat, Menat, Randan) attirent vite des compagnons. Sidoine Appolinaire soumet ces premières communautés à la règle de Lérins (cf Grégoire de Tours). Le 1er monastère de femmes est fondé par St Genès, à Chamalières au VIIe siècle. N. B. : Pendant le Haut Moyen Age, il n’existe que des monastères qui vivent en autarcie.

L'époque Carolingienne et le monastère de la Chaise-Dieu

Sous la reconnaissance Carolingienne, le monastère le plus important – après Manglieu – est Mozac (fondé en 681 par St Calmin et son épouse) où les reliques de St Austremoine sont transportées en grande pompe par Pépin II en 848. Ravagée par les Normands, richement dotée par Louis VII en 1169, l’abbaye est devenue une des plus importantes de France. Après avoir souffert des guerres de religion, le monastère fut sécularisé en 1618 et supprimé en 1795.

Statut de St Austremoine

Sans doute pour concurrencer les monastères, les souverains carolingiens introduisent la vie régulière dans les chapitres : cette forme de vie connut un grand succès en Auvergne (chapitre cathédrale de St Genès de Thiers). A St Julien de Brioude, un chapitre est approuvé par Louis le Pieux en 825. A cette époque les chanoines portaient le titre de chanoine – comte.
Le 28 Décembre 1043, Robert de Turlande, jeune chanoine de Brioude, déçu par le relâchement de la communauté, s’installe avec quelques compagnons à plus de 1000 mètres d’altitude. Dès 1052 le Pape accorde sa protection apostolique à ce nouveau monastère de la Chaise-Dieu. A la mort de Robert de Turlande (en 1067) il existe 7 grands prieurés ; 36 petits prieurés – dont une abbaye de femmes à La Van-Dieu dépendaient de la Chaise-Dieu. Bientôt, le rayonnement de l’abbaye s’étend jusqu’en Espagne et en Italie.

Au XIVe siècle, Pierre Rogier, moine de la Chaise-Dieu, devenu Pape sous le nom de Clément VI, entreprend la reconstruction de l’église où il est inhumé en 1353. Minée par la commende (Charles d’Orléans, Richelieu, Mazarin furent abbés commendataires de la Chaise-Dieu) ayant servi de résidence forcée à Soanen (évêque janséniste), à Louis de Rohan (affaire du collier de la reine), par le manque de recrutement, l’abbaye ne se relèvera pas de la tourmente révolutionnaire.

 

Début de l'abbaye de Cluny

En 910, Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine et comte d’Auvergne fait don d’une terre à Sauxillanges, d’une terre « en vallée noire » où Bernon s’installe avec 12 compagnons : point de départ de l’abbaye de Cluny – Mayeul Odilon de Mercœur (mort et inhumé à Souvigny) Pierre le Vénérable, abbé de grand talent et ayant des liens avec l’Auvergne ; vont privilégier l’implantation de monastères en Auvergne : Sauxillanges, Souvigny, Manzat, Ris, St Alyre à Clermont, Mozac, Thiers, … Les monastères de femmes sont implantés dans des sites sévères : Mégemont ou l’Eclache (Prondine).

St Géraud comte d’Aurillac, crée une abbaye dans sa ville vers 890. Elle aura le mérite d’abriter les débuts de la carrière du moine Gerbert, devenu le Pape de l’an mille.
Une seule maison de Chartreux à Port Sainte Marie (les Ancizes) est fondée en 1219 dont le dernier abbé Dom Gerle, député à la convention (en 1789), a été représenté par David dans son tableau du « Serment du Jeu de Paume », en premier plan dans son habit de chartreux.

Les ordres militaires des Templiers et des Hospitaliers

Les deux principaux ordres militaires connurent, aux VIIe et VIIIe siècle, une large diffusion en Auvergne. Si « la langue d’Auvergne » des templiers comprenait 77 commanderies, les Hospitaliers étaient encore plus nombreux : la Sauvetat, Olloix qui abrite le tombeau d’Odon le Montaigu, prieur d’Auvergne de l’ordre des Templiers. En 1309, l’évêque Aubert Aycelin fut chargé d’informer contre les Templiers détenus à Montferrand (40 firent des aveux et seront absous).

N. B : Aucun de ces monastères Auvergnats ne résistera à la tempête révolutionnaire. Il faudra attendre 1971 pour voir renaître une abbaye bénédictine à Randol (St Saturnin) fondée par Fontgombault.

L'ordre des mendiants au XIIIe siècle

Le XIIIe siècle a vu la naissance d’un type nouveau de réguliers : les mendiants, religieux citadins qui mettent l’accent sur la pauvreté, la prédiction. Les Dominicains arrivent à Clermont en 1219 et les Franciscains en 1229 à Montferrand (Guichard de Beaulieu, Seigneur de Montferrand, a connu l’ordre des Franciscains lors d’une ambassade en Italie). Ils seront très actifs sous l’épiscopat de Joachim d’Estaing (1614 – 1654).

Les Clarisses dans le quartier de St Alyre en 1280

Vers 1280, l’évêque Guy de la Tour introduits les Clarisses dans le quartier de St Alyre, où au XVIIe siècle, les religieuses mènent une vie quelque peu mondaine : « sans cloître, ni lieux religieux, ni clôture » sous l’autorité d’une abbesse brouillon mais bien apparentée. Les religieuses après moult procès, seront dispersée dans d’autres monastères. C’est seulement en 1930 qu’un couvent de Clarisses ouvrira ses portes.

Couvent des Clarisses

Arrivée des Jésuites au XIVe siècle

Au XIVe siècle, guerre, perte, schisme font naître une foi plus excessive et angoissée, on notera la représentation des danses macabres, la multiplication des recluseries (3 à Clermont, 2 à Brioude, à Champeix, à Thiers…) et l’engouement pour les sermons apocalyptiques avec la venue en Auvergne de Saint Vincent Ferrier (avec des succès retentissants).

Guillaume Duprat (évêque : 1529 – 1550) assiste au Concile de Trente où il rencontre les Jésuites qu’il va introduire en France. La ville de Billom accepte l’ouverture d’un collège Jésuite en 1556, ce premier collège Jésuite de France comprend 5 classes et aura bientôt 1500 à 2000 élèves. Il y aura ensuite d’autres collèges à Clermont (Centre Blaise Pascal) Montferrand, Moulins (palais de justice) Mauriac. Les oratoriens tiennent les collèges de Riom, Effiat collège militaire en 1776. Le futur maréchal Desaix sera pensionnaire.

Arrivée des Ursulines en 1615

Un demi siècle plus tard, en 1615, la Mère Micolon fonde le monastère des Ursulines de Clermont (rue du Bon Pasteur). En 1638, elles sont à Montferrand (actuel musée Roger Guillot). Vouées à l’éducation des filles, leur importation dans le diocèse est importante (Maringue, Thiers, Ambert…). Dispersées par la Révolution, un décret impérial accorde l’autorisation de reconstituer leur monastère et de recevoir des élèves (1808).

L’Ordre hospitalier et enseignant des Sœurs St Joseph auront aussi un grand nombre de maisons.

Vitrail Ste Louise de Marillac

En 1641, Jeanne de Chantal meurt au couvent de la Visitation de Moulins, fondé par Mme de Gouttier, la veuve de Gaston d’Orléans. Félicie des Ursins s’y retira en 1634 et fit construire la chapelle qui abrite le mausolée d’Henri de Montmorency.

En 1675, les religieuses de la Charité de Paris se dépensent dans les hôpitaux, les hospices, les orphelinats. Leur fondatrice, Louise de Marillac est née (le 12 août 1591) et a passé ses 1ères années à Mauriac.

 

La crise des vocations

En 1765, le diocèse possède 72 communautés (492 religieux et à peu près 1000 religieuses) mais comme dans l’ensemble de la France, la crise des vocations se fait sentir (3 moines à Megemont, 7 à St Alyre…) et des procès discréditent trop souvent les réguliers.

Avec la Constitution Civile du clergé, le diocèse d’Auvergne devient diocèse du Puy de Dôme (avec quelques doyennés dans l’Allier). Les ordres religieux sont supprimés et leurs biens vendus.

Les religieuses de la Miséricorde

Le Concordat de 1801 (muet quant aux ordres réguliers) permet le retour des hospitalières : les religieuses de la Sainte Croix de Lyon à Ambert, des Sœurs de St Vincent de Paul protégées par Madame Mère et des enseignantes : les Sœurs de St Joseph, les Ursulines

En 1807, une fondation importante pour le diocèse : celle des religieuses de la Miséricorde à Billom par l’abbé Mestre. Destinées « à la charité et à l’enseignement », sous l’autorité de la Mère Marcelline de Chamerlat (1817 – 1865), les sœurs ouvrent pensionnats, écoles, hôpitaux (Clermont, Bess, Billom, Moissat, etc.)
Mais cette prolifération des ordres féminins déplaît fortement à Portalis qui écrivait au préfet : « il y a nécessité d’arrêter le mouvement d’un zèle outré qui tend à multiplier sans mesure les associations religieuses de femmes. »

La grande affaire du diocèse à la fin du XIXe reste l’enseignement.

Expulsions de congrégations et suppression du droit d'enseigner

Mais cette situation enviable ne devait pas durer :

  • en mars 1880 : Jésuites et Capucins sont expulsés.
  • en juillet 1904 : le droit d’enseigner est retiré à toutes les congrégations. Quelques « laïcisées » conserveront leur établissement (maristes à Riom, Ursulines à Clermont). Les congrégations hospitalières ne sont pas touchées par ce décret.

Avec « l’Union Sacrée », les relations Eglise-Etat s’apaisent et en 1940, les congrégations enseignantes sortent de leur pseudo-clandestinité en reprenant le costume religieux et les offices publiques.

Influence de Vatican II

Avec Vatican II, les congrégations s’engagent dans un travail de refonte de leurs constitutions. Elles doivent faire face à la diminution des vocations et être attentives aux interrogations du monde contemporain.

Les congrégations en 2012

En 2012, il y a dans le diocèse :

  • 6 congrégations masculines
    • 1 abbaye bénédictine : 38 frères ou moines à Randol
    • 1 couvent de capucins : 6 frères à Clermont-Ferrand
    • 1 couvent dominicain : 4 frères à Clermont-Ferrand
    • 1 fraternité de St Gabriel : 5 à Clermont et Pontgibaud
    • Frères des Ecoles chrétiennes : 3 à Giat, Clermont, Chateaugay
    • Frères de St Gabriel : 4 à Pontgibaud
  • 36 congrégations féminines dont :
    • Monastère des Clarisses : 20 moniales à Chamalières
    • Monastère des Rédemptoristines : 6 moniales à Loubeyrat
    • Catéchistes missionaires : 9 en maison de retraite à Chamalières
    • 3 congrégations de Dominicaines : 27 religieuses à la Bourboule, Ambert, Clermont-Ferrand, Beaumont.
    • Sœurs de St Joseph de Peray
    • 30 sœurs ainées (Maison St Joseph à Chamalières)
    • 30 religieuses dans 13 communautés
    • Petites servantes du Sacré-Cœur de Nancy (4 sœurs à Ambert)
    • Petites sœurs des Pauvres : 10 sœurs à Clermont-Ferrand (communauté internationale)
    • Sœurs infirmières : 6 sœurs à Loubeyrat
    • Congrégation de l’Enfant Jésus : 3 sœurs à Issoire
    • Congrégation de l’Immaculée Conception : 4 sœurs à St Eloy
    • Sœurs de la Miséricorde : 10 sœurs à Billom – Clermont-Ferrand
    • Sœurs de Notre-Dame de Chambriac : 14 sœurs à Chamalières
    • Notre-Dame de Sion : 3 sœurs à Pérignat
    • Sœurs de l’Assomption : 19 sœurs à l’Hermitage (Chamalières)
    • Sœurs St Paul de Chartres : 4 sœurs à St Rémy sur Durolle
    • Sœurs du Prado : 4 religieuses à Clermont dans le monde rural
    • Sœurs de St André de Peltre : 3 sœurs à Giat
    • Ursulines de Clermont-Ferrand : 14 sœurs
    • Ursulines d’Ambert : 3 religieuses

soit :

  • 38 moines
  • 25 moniales
  • 19 frères de Vie Apostolique
  • 165 Sœurs de Vie Apostolique
  • 42 sœurs en Communauté de personnes âgées

La tâche commune à toute communauté est le maintien de la louange de Dieu et la prière au nom de l’Eglise pour le monde entier.

Quant aux service assumés dans les communautés, dans l’Eglise, dans la société dans l’exercice de différents métiers, la liste ne saurait être exhaustive.

Sœur Saint Bernard, ursuline

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