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Fête de la Présentation de la Vierge Marie

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Lorsque le 21 novembre 543 à Jérusalem, on décida de consacrer une église à la Vierge Marie, on le fit dans un lieu proche du Temple, en mémoire des années que Marie aurait passées dans ce Temple, au service de ce Temple, comme consacrée dans son enfance. En effet, on sait aujourd’hui, du point de vue historique et de manière assez certaine, que des femmes et des jeunes filles étaient au service du Temple de Jérusalem. Leur travail était surtout matériel avec, entre autres, le tissage de voiles dont le fameux voile qui abritait le Saint des saints, le lieu même de la demeure de Dieu dans son Temple, dans la ville sainte.

Nous ne trouvons aucune mention de cet « épisode » de la présentation de Marie dans l’Évangile. Il est relaté dans le protévangile de Jacques, un texte rédigé au IIe siècle, probablement en Égypte. L’Église n’a pas retenu le protévangile de Jacques dans la liste des écrits néotestamentaires, en raison de sa datation tardive et du merveilleux dont il est imprégné.

Marie aurait été amenée au Temple par ses parents, à l’âge de trois ans, et elle y serait demeurée.

La fête de la Présentation a d’abord été célébrée en Syrie vers le VIe siècle. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIIIe siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées. Les papes d’Avignon, au XIVe siècle, introduisirent la Présentation dans l’Occident latin. Le pape Pie V (1566-1572), soucieux de vérité historique, la raya du bréviaire et du calendrier romains, au XVIe siècle. Le pape Sixte V (1585-1592) l’y remit quelques années plus tard…

Le protévangile de Jacques souligne qu’«un prêtre reçut Marie et l’ayant embrassée, il l’a bénie». Et Marie est alors introduite dans le Temple de Jérusalem pour y être élevée en communion profonde avec son Seigneur et son Dieu… Que Marie ait été durant ces premières années d’enfance consacrée au Temple ou qu’elle ait vécu une jeunesse toute simple avec ses parents à Nazareth, l’essentiel est que la vie de Marie était une vie totalement donnée à Dieu, totalement offerte à son service. Ce service que Marie a voulu vivre, nous le voyons se déployer tout au long des passages des évangiles synoptiques et de saint Jean. Marie est celle qui accueillera la nouvelle étonnante de l’ange qui lui annonce qu’elle sera la Mère du Messie. Marie est celle qui accompagnera Jésus de cœur durant sa mission avec joie et tourment jusqu’au moment dramatique de la Croix en attendant de se réjouir avec toute l’Église de l’accueil de l’Esprit Saint de Pentecôte après la résurrection. Oui, Marie, pour ainsi dire, a pleinement adhéré au projet du Seigneur. C’est bien pourquoi l’évangile de ce jour nous conduit à comprendre, à accueillir l’essentiel de ce qui constitue sa vie de croyante. Alors que Marie et des membres de sa famille viennent voir Jésus, Celui-ci rappelle que sa vraie famille, sa mère, ses frères, sont ceux qui font la volonté de son Père du ciel…

Marie est une jeune fille membre du peuple d’Israël. Elle sait que son peuple prie le Dieu révélé au Sinaï, elle sait que ce Dieu demeure avec son peuple. Elle sait que le peuple peut rencontrer son Dieu dans le Temple. Ce qu’elle n’imagine pas, c’est que ce Dieu va vouloir vivre au milieu des hommes, d’une manière plus profonde encore, qu’Il va même se faire homme pour rencontrer l’humanité et que cette rencontre entre l’humanité et Dieu va se faire et va s’initier dans son sein à elle quand elle aura dit «oui» au dessein de Dieu. Ce que Marie n’imagine pas c’est qu’elle va devenir elle-même la demeure de Dieu. Ce qu’elle n’imagine pas, c’est que son fils Jésus est lui, et se révélera comme étant le Temple définitif, non pas de pierres, mais un temple vivant, Celui en qui l’humanité et la divinité se rencontrent afin que tout homme désormais qui recevra la vie du Christ devienne lui-même, par le baptême, un temple vivant. C’est bien ce que dira, maintes fois, l’apôtre Paul aux chrétiens, en particulier ceux de Corinthe : « Ne savez-vous pas que vous êtes des temples de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? ». C’est ce chemin des profondeurs vers ce mystère de Dieu qui habite en nous que le pape François nous demande de retrouver, de déblayer, de dégager pour en vivre. Tout baptisé est un temple de Dieu. Et c’est dans ce temple intérieur en passant la porte de notre cœur profond que nous pouvons rencontrer le Seigneur, que nous pouvons Lui rendre le culte véritable dans ce temple intérieur qui n’est pas un culte qui passe simplement par des intentions mais qui ce culte dans lequel nous nous offrons, nous offrons notre vie par amour pour Dieu et par amour pour tous les hommes. Si nous sommes des temples vivants de Dieu, c’est pour être un jour tous unis là où il n’y aura plus de Temple, là où Dieu sera Tout en tous, c’est-à-dire la vie éternelle. Puissions-nous garder nos lampes allumées, faire briller la flamme de la douce rencontre intime, personnelle avec Jésus afin de Le donner aux femmes et aux hommes de notre temps qui ont soif de lumière, de paix et de joie.

Père Jean Marc Couhert

(de diverses sources)


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