Facebook
Agenda
Web-TV
Rcf
Le Denier

Etape 4 – 3e dimanche de Carême

Temps forts


3e dimanche de Carême

Femmes en Eglise mais aussi femmes dans le monde, témoignage à deux voix de femmes engagées en Pastorale de la Santé en cette veille de journée de la femme.

Anne-Cécile HUET – Aumônier au CHU de Clermont-Ferrand et au Centre Jean Perrin

Il y a maintenant trois ans que j’ai la joie de faire partie de l’équipe des aumôniers du CHU Gabriel Montpied, petite cellule d Église envoyée par notre évêque en mission auprès de nos frères malades.

Sage-femme de formation, mariée depuis 20 ans et maman de 5 enfants j’ai accueilli l’appel à vivre la mission d’aumônier avec un mélange de surprise (pas de lien apparent avec le monde de la vie naissante !), de joie mais aussi une certaine appréhension. Très vite le Seigneur a dissipé ma crainte de ne pas être à la hauteur en me faisant comprendre que je n’avais qu’à me rendre humblement disponible à l’Esprit Saint et Le laisser « prendre le volant » ! Il conduit ma vie beaucoup mieux que moi !

Chaque rencontre est unique et la présence du Seigneur se fait mystérieusement plus sensible auprès de la personne qui traverse l’épreuve de la maladie… quel cadeau d’en être le témoin !

Parfois par des paroles, parfois dans le silence, ou un simple échange de regards, la rencontre du frère malade me bouscule toujours. Mais j’y puise paradoxalement une vraie paix, et une exigence de vérité qui décape et qui libère.

C’est vraiment ce que les Pères de l’Église appelaient le « sacrement du frère » qu’il nous est donné de vivre à l’aumônerie et je ne peux que rendre grâce pour ce privilège !

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » Jn 13, 34

 

Stéphanie BOURGOIS

Responsable Diocésaine des Aumôneries Hospitalières et aumônier au CHU de Clermont-Ferrand

J’ai 45 ans, je suis mariée à Dominique et nous avons 6 enfants âgés de 10 à 24 ans. Je suis Responsable Diocésaine des Aumôneries Hospitalières depuis 18 mois et aumônier au CHU de Clermont-Fd depuis bientôt 7 ans. Être aumônier n’a pas été une démarche spontanée mais je vois les signes et situations de vie qui m’ont amenée progressivement à cette double mission au service de la Pastorale de la Santé.

Tout d’abord, j’ai reçu le sacrement de la confirmation à l’âge de 21 ans et la préparation à celui-ci a plus tard porté ses fruits dans ma vie de catholique pratiquante.

Pendant 18 ans, j’ai fréquenté assidûment les hôpitaux car notre 2ème fille est née avec une maladie rare : l’Ostéogenèse Imparfaite (maladie des os de verre). Elle a une forme rare et sévère de la maladie ce qui a vite transformé notre quotidien familial puisque celui-ci était rythmé par ses multiples fractures et interventions chirurgicales.

Puis, 4 autres enfants sont nés et grâce à cette famille très nombreuse où la vie « ordinaire et trépidante » reprend vite ses droits, j’ai naturellement eu à cœur de servir l’Église. Au fil des années, j’ai rejoint « l’aventure de bénévole en paroisse » à travers des services comme : la préparation au baptême, le catéchisme, les chantiers éducation ou la préparation au mariage, jusqu’au jour où j’ai été « abordée » à la sortie d’une messe au sujet d’une éventuelle mission d’aumônier à l’hôpital.

J’ai accueilli cet appel avec étonnement, perplexité et interrogations. Très vite, j’ai pensé que ce n’était pas le bon moment pour moi et que je me sentais incapable d’assurer une telle mission. Quelques semaines plus tard, mon mari m’a suggéré d’aller voir sur le terrain le concret de la mission car lui, m’y voyait bien. Je l’ai écouté et je me suis laissée touchée par la beauté de cette mission auprès de nos frères fragilisés par la maladie ou le grand âge. Divers signes et des paroles de l’Évangile m’ont amenée progressivement à l’abandon pour finalement dire OUI : ce fameux temps du discernement… J’étais rassurée de rejoindre une équipe et par la solidité de la formation qui m’était proposée car accompagner des personnes en fin de vie ou durement ébranlées par la maladie ne s’improvise pas. Au fur et à mesure que j’avançais dans la mission, j’ai découvert en mon fort intime, des ressources insoupçonnées pour être ajustée dans mes accompagnements.

La relecture et ma foi en Dieu me permettent de faire le lien avec ce que ma vie personnelle me donne de traverser, que ce soient les joies ou les peines, et de voir que le Seigneur avait bel et bien préparé le chemin en moi en vue de cette mission d’Église à l’hôpital. Il y a 2 ans, j’ai été appelée à devenir responsable diocésaine des aumôneries hospitalières et mon OUI a été beaucoup plus rapide car il a sonné en moi comme une évidence. J’ai choisi de rester aumônier au CHU pour garder un ancrage de terrain et je vis cette responsabilité diocésaine comme un service d’accompagnement auprès de mes frères et sœurs de mission.

Aujourd’hui, parce que je suis mère de 3 jeunes adultes, de 2 adolescents et d’un enfant, je me sens pleinement ancrée dans le monde tout en étant femme en Église et je suis convaincue que ce double statut n’est qu’un puisque tout est lié et fait unité. Je crois que le Seigneur continue de préparer le chemin en moi et j’ignore quels sont ses plans pour les années à venir mais je lui fais confiance !

 

> Chemin vers Pâques


X