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Le Denier

En vue de la nouvelle année pastorale

Notre archevêque


     Octobre et novembre 2016 auront été les mois du « transfert », du passage d’un versant à l’autre du Massif central. Ici, les bilans, les regrets, les adieux. Là-bas, les attentes, les préparatifs, les premiers contacts. Pour l’évêque tout récemment nommé au service d’une Eglise qu’il ne connaît pas, c’est une expérience singulière. Alors que je m’apprête à vous rejoindre, je voudrais simplement vous la partager.

            J’arrive, complètement démuni, dépouillé de tous les repères assimilés, au cours du temps, dans mon diocèse de Limoges : l’annuaire, le calendrier liturgique, les textes fondateurs, les codes, les itinéraires, les réseaux de connaissances. Je me présente comme un étranger, ignorant presque tout du diocèse de Clermont qui se prépare à m’accueillir. J’ai tout à recevoir, tout à réapprendre. Cette indigence, cette forme de dépendance initiale, est une manière de vivre, partiellement au moins, en fidélité à l’Evangile, malgré les lourds bagages dont je suis encombré, en contradiction flagrante avec les recommandations de Jésus lorsqu’il envoie les Douze (Mt 10, 9-10). Curieux paradoxe : celui qui ne connaît rien se voit confier la charge de conduire tous les autres.

Cette expérience de pauvreté, à la fois extrême et relative, se double d’une expérience profonde de la communion en Eglise, de la communion effective entre les Eglises : il m’est possible, en effet, de vous rejoindre sur la route, et il vous est possible de me recevoir parmi vous comme nouveau pasteur, bien que parfaitement inconnu, en raison de notre foi commune en l’action du même Esprit-Saint, en la vérité du même Evangile. Situation nouvelle, sans doute, pour beaucoup d’entre vous, fidèles du Christ en Puy-de- Dôme, puisque le précédent accueil d’un nouvel évêque remonte à vingt ans déjà – période au cours de laquelle, en comparaison, le diocèse de Limoges aura connu trois pasteurs successifs.

            Au début, certains journalistes m’ont pressé de questions : « Avez-vous un programme ? Des projets pour votre nouveau diocèse ? ». Mais comment cela se pourrait-il ? Ou plutôt, je n’en ai pas d’autre que d’annoncer et de vivre l’Evangile, dans la suite de ceux qui m’ont précédé dans cette charge, et c’est déjà bien lourd. Le précieux bagage que les apôtres emportent, c’est la parole du Christ, c’est le témoignage de tout ce qu’ils ont vécu avec lui. Leur seul atout, c’est la force de l’Esprit Saint.

            A défaut de programme tout ficelé, il est permis d’évoquer quelques orientations. Le concile Vatican II restera l’indispensable « boussole » pour la mission de l’Eglise en notre temps. Le pape François nous a adressé des appels qui ont fait bouger des lignes en nous et autour de nous : la joie de l’Evangile, la sauvegarde de la maison commune, l’exhortation apostolique sur l’amour dans la famille, sont autant de thèmes qui susciteront durablement notre réflexion et notre action. Le récent document du Conseil permanent des Evêques de France, qui invite à retrouver le sens du politique dans un monde qui change, inspirera nos choix et nos prises de parole en vue des prochaines échéances électorales.                     

            Pour l’heure, j’essaie de m’approprier ce que vous avez déjà vécu ensemble, spécialement ces dernières années sous la conduite d’Hippolyte Simon. Je prends connaissance de vos réalisations et de vos attentes, grâce aux documents qui m’ont été remis, notamment Les paroisses du diocèse de Clermont, et Les services du diocèse de Clermont. Je mesure déjà tout le travail accompli. Nous recueillons un riche héritage, que nous avons à cœur de transmettre.

La nouvelle année pastorale, lancée le dimanche 27 novembre, au jour de mon installation, sera celle de la découverte, de la visite du diocèse. Je tiens à prendre contact rapidement avec les conseils, les services diocésains, les acteurs pastoraux, prêtres et diacres, laïcs en mission ecclésiale, avec les communautés religieuses, les mouvements et associations de fidèles, les communautés paroissiales. J’irai aussi à la rencontre de la société civile. Je compte sur vous tous pour m’initier et pour m’accompagner. Peuple de Dieu en marche, poursuivons notre route à la suite de Jésus-Christ !

                                                                                                      + François KALIST
   Archevêque nommé de Clermont

Edito paru dans Les Nouvelles du Diocèse de Clermont du 15 novembre 2016


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