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Dans l’Espérance chrétienne – l’accompagnement des funérailles.


cielLa fête de la Toussaint et le souvenir des défunts qui reviennent en ce début novembre justifieraient de reparler de l’accompagnement des funérailles. Il est heureux de pouvoir le faire aussi en relation avec la célébration du cinquantenaire de l’ouverture du concile Vatican II.
Les cérémonies de funérailles, parmi les célébrations liturgiques de l’Eglise, sont de celles qui ont le plus changé en conséquence des orientations conciliaires. Elles sont aussi de celles qui concernent le plus de monde. On estime aujourd’hui que les trois quarts des défunts – et dans certaines régions plus de 80 % même – ont des obsèques religieuses, dont les assistances dépassent très largement le nombre des pratiquants, même occasionnels. Regardons comment ces cérémonies ont évolué selon le renouveau conciliaire dans l’Eglise en France et dans notre diocèse. Nous y trouverons un lieu de « réception » du concile

 

La Constitution sur la Liturgie
Un seul article (81) porte sur les funérailles : Le rite des funérailles devra exprimer de façon plus manifeste le caractère pascal de la mort chrétienne et devra répondre mieux aux situations et aux traditions de chaque région, même en ce qui concerne la couleur liturgique.

Ces trois lignes disent l’essentiel. D’abord elles recentrent la célébration des funérailles sur le mystère pascal du Christ, « ce mystère de sa passion, de sa résurrection et de son ascension » par lequel il accomplit « l’œuvre de la rédemption des hommes et de la parfaite glorification de Dieu ». Alors que la liturgie précédemment insistait sur le jugement et la crainte de « la mort éternelle », le rituel restauré va faire entrer dans l’œuvre de salut réalisée par le Christ et proposée par l’Eglise dans les sacrements, à partir du baptême. La vie d’enfant de Dieu reçue alors va s’accomplir, parle passage de la mort, dans la plénitude.
De plus, l’article parle des « situations ». Que sont-elles, sinon celles de la vie du défunt, de sa famille et de son entourage ? C’est pourquoi au lieu d’un formulaire de prière unique (seul changeait le nom de la personne défunte) et en latin, on va avoir des rites diversifiés et des formules adaptées, qui tiennent compte de l’existence humaine du défunt, avec un choix large de lectures de la Parole de Dieu, et dans la langue vivante que tout le monde peut entendre.

 

La constitution sur l’Eglise
En présentant l’Eglise comme « peuple de Dieu », la constitution redonne à tous les baptisés et pas seulement aux ministres « ordonnés », place et responsabilité dans la mission d’annoncer et de faire vivre l’Evangile. « Membre de Jésus-Christ, prêtre, prophète et roi », le baptisédevient membre à part entière de « l’assemblée » qui offre et qui prie. Les raisons sociales ou les traditions qui donnaient aux amis, aux voisins, de partager la peine d’une famille en deuil, rejoignent alors la prise en charge par la communauté chrétienne de l’accompagnement de l’un des siens qui « passe de ce monde à son Père ». Rencontrer la famille au nom de l’Eglise, préparer la célébration, accueillir l’assistance, assurer des lectures ou certains gestes, commence alors à devenir la participation courante des fidèles. Autant de dons que l’Esprit répand toujours dans nos communautés, « en vue du bien de tous ». Jusqu’à ce don de « présider la prière » que reconnaît le Code de Droit canonique et que pourra faire jouer l’évêque en « déléguant » un fidèle laïque pour conduire une célébration d’obsèques .

 

Dans le diocèse

A Clermont, comme dans tous les diocèses, l’évolution a commencé avec la réception du nouveau Rituel des Funérailles (publié à Rome en 1969 et en France en 1972). Il répondait surtout aux orientations de la restauration liturgique : rites et gestes en rappel du baptême (lumière, eau), nombreuses formules de prières adaptées aux diverses situations, lectionnaire abondant, tout cela en français évidemment. La Commission diocésaine de Pastorale Liturgique et Sacramentelle (CDPLS) s’est mise à la disposition des prêtres pour découvrir la nouveauté et la richesse de ce nouveau Rituel et progressivement apprendre à le mettre en œuvre. Des formations pour les laïcs ont été organisées dans plusieurs secteurs pour les aider dans leurs interventions : rencontre avec les familles, accueil, animation, répertoire de chants …

Une nouvelle étape s’est ouverte en 1992, avec le travail du Conseil Presbytéral sur la situation des enterrements dans le diocèse. Cette réflexion conduira, l’année suivante, Mgr DARDEL à demander la mise en place dans les paroisses d’un service d’accompagnement des funérailles et à décider d’appeler des fidèles laïques à présider la cérémonie lorsque le prêtre (ou un diacre) ne pourra le faire.
Ces dispositions diocésaines demandent d’être prises au sérieux. La CDPLS va organiser un ensemble de formation. D’abord pour les personnes appelées à présider les obsèques : comprendre le sens de ce service – connaître le Rituel et savoir l’utiliser. On demandera que ces personnes aient déjà une expérience dans l’accompagnement des funérailles. Elles pourront alors recevoir la lettre de délégation de l’évêque. Au long des années un parcours d’approfondissement sera mis en place pour répondre aux besoins que les laïcs manifestent dans l’exercice de leur mission, particulièrement pour la présentation et le commentaire des lectures.
Le parcours de formation des équipes d’accompagnement des funérailles sera aussi renouvelé et élargi : comment rencontrer les familles, préparation d’un mot d’accueil, des intentions de prière, l’accompagnement au cimetière.
Tous découvriront les symboles du baptême retrouvés dans la célébration des obsèques, la place du pardon, les mots pour dire la foi et l’espérance chrétienne dans la rencontre avec des gens souvent éloignés de l’Eglise, les questions particulières posées par les funérailles d’un jeune ou d’un enfant.
Une journée dite de « récollection » chaque année regroupe une bonne partie des intervenants paroissiaux et permet échanges et approfondissement.

Aujourd’hui, les équipes paroissiales représentent certainement plus de 500 personnes engagées dans ce service, la lettre de délégation à la présidence a dû être donnée au moins à 150 autres.
Elles ont désormais entre les mains un « rituel » fait pour les laïcs : Dans l’espérance chrétienne, voulu et publié par les évêques de France en 2008.
Ainsi l’Eglise est-elle à même d’offrir à tous ceux qui le lui demandent sa prière pour le passage de ce monde au Royaume de Dieu, et à leurs proches et amis les signes de l’amour de Dieu dans leur deuil.
S’il y a eu quelque étonnement dans les premiers temps, les échos d’aujourd’hui sont largement positifs et laissent entendre combien est apprécié le témoignage de la foi, de la prière et de la compassion de l’Eglise qui est ainsi donné.

Michel Godé

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