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Le Denier

La première guerre mondiale – Vue par la semaine religieuse du diocèse de Clermont


Dans ce journal officiel de l’Eglise, l’histoire est souvent cachée dans la vie du diocèse et des paroisses, mais derrière les incitations à la prière ou les lettres de l’évêque, elle apparaît masquée.

Dès le 8 Août à la lecture de l’hebdomadaire, la guerre sera omniprésente, alors que jusque là dans cette publication, rien ne laissait prévoir l’imminence d’un conflit. Notre étude, tout en restant dans la mesure du possible chronologique, essaiera de regrouper par thèmes les principaux aspects de celui-ci.

 

Les prémices de la guerre
Alors que dans tous les journaux (*1) et même dans les manuels scolaires, les rivalités franco-prussiennes se lisent au grand jour, la semaine religieuse ne laisse rien paraître d’une menace annoncée : souci de neutralité ? Volonté de ne pas inquiéter ses lecteurs ? Ou tout simplement application stricte de la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 ?

On est même étonné de la teneur de certains articles concernant l’Allemagne : au 27 juin 1914, on s’interroge sur les abus concernant le chant sacré en Allemagne et plus particulièrement à Cologne. Pourtant dans le bulletin suivant du 1 août, après un Bref de Pie X malade qui se fait représenter au congrès de Lourdes, sont annoncées les prières et de chants pour la paix avec « Da Pacem » et le verset « Fiat Pax » à partir du lendemain dimanche ! L’ordre de mobilisation est déjà dans les mairies, soigneusement imprimé, il ne reste plus qu’à écrire à la main, la fameuse date : le 2 août justement !

L’année 1913, nous avait donné quelques indices d’une France non pas menacée, mais qui se militarisait. : D’abord (p.723) avec le rappel de l’œuvre du soldat créée le 13 septembre 1911, puis (p.799) avec la nécessité d’une préservation morale et religieuse des jeunes soldats en liaison avec les parents et les curés de la paroisse et si besoin était avec des aumôniers militaires référents dont suivaient la liste et les adresses pour le diocèse (*2); mais surtout (p.723) en évoquant la condition des prêtres combattants selon une ancienne législation qui ne semblait pas pouvoir être remise en question.(*3) Cette mission est confiée à la « Sacrée Pénitencerie » de Mgr Chollet car tout soldat sous les drapeaux est en danger de mort et tout prêtre sous les drapeaux ne doit pas donner la mort, sinon l’irrégularité canonique le guette, or selon la loi civile les prêtres n’ont plus d’affectation spéciale les éloignant du front. « Si le sang est versé, ils sont irréguliers et dès lors impuissants à exercer un ministère sacerdotal » Dans une période de combat, l’obligation du bréviaire est suspendue et ils ont le droit de célébrer la messe quand ils le peuvent.

Semaines religieuses année 1913

1 – Par exemple, Clémenceau dans « l’homme libre » ne cesse d’avertir l’opinion du danger de la menace allemande depuis 1905.

2 – La loi dite de « 3 ans » ardemment soutenue par le député conservateur catholique Albert de Mun, a été votée le 19 juillet 1913 créant une agitation dans les casernes pour les appelés de 1911, mais le nombre de soldats français sous les drapeaux passe ainsi de 450 000 à 750 000 contre 850 000 soldats allemands.
Le service militaire est obligatoire et égalitaire, les exemptions dont bénéficiaient les membres du clergé sont suspendues. Ils peuvent être affectés à des unités combattantes.

3 – Cette législation sera abolie par le Pape Benoit XV, grand réformateur du droit canonique, par un décret « defectu lenitas »

 
 
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