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Le Denier

Évocation de la naissance et des premiers temps du christianisme à Clermont

Le Diocèse : histoire


« Dans cette région, depuis plus de 17 siècles, des communautés de chrétiens ont inscrit leur vie à la suite du Christ ressuscité. Tout en partageant les joies et les espoirs, les souffrances et les angoisses des sociétés de leur temps, ces croyants ont rendu témoignage à la foi. Malgré leurs péchés, leurs faiblesses et leurs trahisons, ils ont apporté jusqu’à nous le trésor de la Parole qui rend libre. Au milieu des grandes épreuves de l’histoire comme aux temps d’accalmies, c’est l’Esprit qui les a gardés fidèles » (Mgr Hippolyte SIMON, préface de 2000 ans de christianisme en Auvergne, brochure éditée par le diocèse de Clermont).

3ème – 5ème siècles

Vers la fin du 3ème siècle, « des premiers groupes chrétiens font leur apparition, St austremoine articleparticulièrement dans les régions de Lezoux et surtout de Clermont. Ici existait déjà une importante colonie de Juifs et de marchands orientaux, dont certains devaient être chrétiens. C’est pourquoi un évêque, issu du clergé lyonnais, leur est envoyé à la fin du 3ème s. ou au début du 4ème s : Stremonius (ou Austremoine). Il établit sa résidence à Clermont, hors de l’enceinte de la ville romaine, dans ce qu’on appellera le « Vicus christianorum » (village des chrétiens, dans le quartier St-Alyre) et où vont s’ériger la première cathédrale dédiée à la Vierge, un baptistère et plusieurs sanctuaires » (2000 ans de christianisme en Auvergne, p 5-6)

En fait, nous avons bien des incertitudes sur saint Austremoine. S’il arrive à Clermont vers 330-335 (et non en 250), vient-il de Rome ? De Lyon ? Qui est-il ? un disciple de Polycarpe ? de St Irénée de Lyon ?… Son nom, Stremonius, n’est pas courant en latin… Où s’établit-il ? Chez le sénateur Cassius qu’il a guéri de la lèpre ?… Stremonius a des compagnons légendaires : Nectaire, Beaudime, Mamet, Mary…

Grégoire de Tours mentionne son arrivée : « Sous l’empereur Dèce, de nombreux conflits se déchaînent contre le nom chrétien (…) En ce temps-là, sept hommes, qui avaient été ordonnés évêques, furent envoyés pour prêcher dans les Gaules, comme l’histoire de la Passion du saint martyr Saturnin le raconte. (…) voici donc ceux qui furent envoyés : chez les Tourangeaux, l’évêque Gatien ; chez les Arlésiens, l’évêque Trophime ; à Narbonne, l’évêque Paul ; à Toulouse, l’évêque Saturnin ; chez les Parisiens, l’évêque Denis ; chez les Arvernes, l’évêque Austremoine ; chez les Limousins, Martial fut désigné comme évêque »

Ce qui est sûr c’est que rapidement un groupe important de chrétiens se réunira près du quartier des « Levantins ». Et qu’une communauté existait avant son arrivée puisque Grégoire de Tours parle de 6200 martyrs du fait des Alamans.

Grâce à Grégoire de Tours, nous avons la liste des premiers évêques : Urbicus, Legonus, Illidius, ou Saint Alyre, qui meurt en 385 au retour d’un voyage à Trèves. Thaumaturge, son tombeau attire de nombreux pèlerins. Il y eut ensuite Vénérand, et Namace qui construit la première cathédrale sur la butte.

5ème – 10ème siècles

Le christianisme se diffuse plus largement dans la région à partir du 5ème siècle, et, sidoine apollinaire« malgré les invasions des Wisigoths au 5ème s., puis celles des Normands au 9ème s., il se répand à partir des gros bourgs dans les campagnes restées encore païennes. Sa pénétration, plus lente dans les campagnes, est favorisée par de nombreux monastères qui s’implantent dès les 6ème-8ème siècles. Le réseau des paroisses s’établit progressivement : en 500, il existe seulement 20 à 30 succursales baptismales dans les bourgs (càd une église pour 2 ou 3 cantons actuels). Vers 1000, l’ensemble du réseau paroissial (actuel) est à peu près constitué… »

Parmi les évêques, quelques figures ont particulièrement marqué cette période :

Sidoine Apollinaire (grand notable romain, élu évêque vers 469-471 ; il organise la résistance lors de l’invasion des Wisigoths) ; Gal (ancien moine à Cournon, évêque de 527 à 553 ; il assure l’éducation de son neveu Grégoire de Tours et parcourt son diocèse en tous sens) ; Avit (2ème moitié du 6ème s. ; il édifie l’église Notre-Dame du Port…) ; Genès (milieu du 7ème s., a consacré ses biens à la fondation du 1er hôpital de la ville ; il a établi le monastère de Manglieu, où il s’est fait inhumer) ; Priest (seconde moitié du 7ème s. ; assassiné à Volvic en 675, son martyre a suscité un culte envers sa personne) ; Bonnet (fin du 7ème s.) ; Sigon (vers 870 ; il fait restaurer l’église ND du Port détruite par les Normands) ; Etienne II (au 10ème s., il fait bâtir une nouvelle cathédrale dont il ne subsiste que la crypte actuelle)…

« Au 10ème s., dans le cadre féodal qui s’instaure, l’évêque de Clermont devient un seigneur avec ses territoires propres (…) Toutefois on ne saurait oublier l’empreinte de Grégoire de Tours », historien né à Riom ou à Clermont, vers 539, et devenu évêque de Tours en 594.

 

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