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Le Denier

Commentaire d’évangile du 9 avril 2020

Commentaire évangile


Commentaire proposé par P. Jean-Louis Vincent

Lire l’évangile en ligne en cliquant ici

Quel contraste entre les premières phrases de cette scène et le geste qui va suivre ! Jean ouvre ici la dernière partie de son évangile, le récit de la passion de Jésus. Il le fait en rappelant l’itinéraire du Fils, venu d’auprès du Père qui a tout remis entre ses mains, et qui retourne vers le Père. Nous attendons une suite extraordinaire et c’est un humble geste d’hospitalité qui nous est présenté, un geste habituel dans toute famille juive, un geste exécuté par un esclave. Ici, c’est Jésus qui l’accomplit et il le fait au cours du repas et non à l’entrée dans la maison. Ce geste n’est pas simplement une belle invitation à l’humilité, une simple leçon de morale. Arrêtons-nous à un détail que retient Jean.

Jésus dépose son vêtement, il est nu, simplement avec un linge autour de la taille. Il le reprendra à la fin avant de se remettre à table. Geste banal. Mais Jean emploie ici deux verbes qu’on ne trouve qu’une seule autre fois dans son évangile : Ma vie « Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. » (Jn 10, 18) Les deux verbes, traduits ici donner et recevoir, en fait, déposer et reprendre, que nous avons pour le lavement des pieds.

Jésus, librement, se déshabille, donne sa vie. Demain, ce sont les soldats qui le déshabilleront et se partageront ses vêtements. Le lavement des pieds, que Jean raconte là où les autres évangiles rapportent le partage du pain et de la coupe, est le geste que choisit Jésus pour manifester que ce qui va lui être imposé, la vie qu’on lui prend en le condamnant à mort, il en fait librement le don pour la vie des hommes. Il n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude, dit, quelque part, Marc. Le lavement des pieds nous donne le sens de la mort de Jésus. « Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne. » chantions-nous autrefois.

Et c’est cela que Pierre a perçu. S’il refuse de se laisser laver les pieds, ce n’est pas simplement qu’il n’accepte pas l’humilité de Jésus. Bien plus profondément, et nous le savons depuis longtemps, Pierre refuse que le Messie, envoyé de Dieu, puisse échouer dans sa mission et mourir comme un malfaiteur. Ce refus le conduira à renier Jésus : s’il n’échappe pas à ceux qui l’arrêtent, c’est qu’il n’est pas l’envoyé de Dieu. Il faudra la résurrection pour que Pierre accède à la foi, à la reconnaissance que Jésus est bien le Fils et que le chemin qu’il a pris librement est le chemin de la vie. Alors, il sera capable de suivre Jésus jusque dans la mort. C’est aussi la résurrection qui nous ouvre à la foi.

Le lavement des pieds n’est pas une leçon de morale vantant l’humilité. Il nous dit que Jésus est allé jusqu’au bout du service en donnant librement sa vie. Il nous dit que si nous voulons être disciples de Jésus, nous ne pouvons pas prendre d’autre chemin que celui qu’il a suivi. Nous ne pouvons que faire de notre vie un service de nos frères et du Père, donner notre vie avec Jésus au service de la croissance du Royaume de Dieu.

Les pasteurs de notre Église, qui reconnaissent dans le Jeudi Saint la source de leur ministère, ont besoin de se le rappeler. Comme les Christ, ils ne sont pas là pour se faire servir : le Seigneur et le maître s’est fait le serviteur. Aucun des baptisés, et les ministres ordonnés en particulier, ne peut prendre un autre chemin. Aidons-nous à choisir librement de nous laisser conduire où le Père nous envoie.

 

Temps musical

Anima Christi (Marco Frisina)
https://www.youtube.com/watch?v=lQviJeFiuXo

ANIMA CHRISTI, SANCTIFICA ME
CORPUS CHRISTI, SALVA ME.
SANGUIS CHRISTI, INEBRIA ME
AQUA LATERIS CHRISTI, LAVA ME.

  1. Passio Christi, conforta me.
    O bone Iesu, exaudi me.
    Intra vulnera tua absconde me.
  1. Ne permittas a te me separari.
    Ab hoste maligno defende me.
    In hora mortis meæ voca me.
  1. Et iube me venire ad te,
    Ut cum sanctis tuis laudem te
    Per infinita sæcula sæculorum. Amen.

Il n’est pas de plus grand amour (Taizé)
https://www.youtube.com/watch?v=LfhN3tKJSuE

 

Prière

Pour la prière de ce jour je vous propose d’aller contempler l’image à l’adresse :

https://idata.over-blog.com/0/12/02/38/Images-spirituelles-2/lavement_pieds.jpg

 


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