Facebook
Agenda
Web-TV
Rcf
Le Denier

Commentaire d’Évangile du 7 avril

Commentaire évangile


Lire l’Évangile en cliquant ici

Commentaire proposé par P. Jacques Vignancour

« L’un de vous me livrera » ! Entendant ces paroles de Jésus,  les disciples se regardent les uns les autres « avec embarras » dit St Jean.  Dans leur tête vient spontanément la question « Qui est-ce ? ». Pour chacun, il est évident que cela ne peut être qu’un autre que lui-même. Alors qui est le coupable ? C’est ce que Pierre fait demander à Jésus.  La réponse de Jésus est surprenante ! « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat ».

La parole est surprenante si nous comprenons que Jésus fait ce geste pour désigner le coupable.  Cette explication ne peut pas être satisfaisante. Ce n’est pas dans les manières de faire de Jésus d’accuser quelqu’un avant même qu’il est commis l’acte par lequel il va pécher. Même si Judas a déjà dans son cœur livré Jésus, pourquoi Jésus ne lui tendrait pas la main comme il l’a fait avec la samaritaine, la femme adultère, Zachée et bien d’autres qu’il a rencontré et à qui il a dit « va, ne pèche plus ». Jésus n’a-t-il pas dit explicitement à Nicodème : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui ».

Si ce geste était un geste de condamnation, Juda n’aurait sans doute pas pris la bouchée que lui tendait Jésus. De plus comment pourrions-nous comprendre les paroles que Jésus prononce juste après le départ de Judas : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié et Dieu est glorifié en lui » ? Si le geste de Jésus ne consistait qu’à désigner un coupable, comment Jésus pourrait-il en être glorifié et Dieu glorifié en lui ?

Au moment où il prononce ces paroles, dit St Jean, « Jésus fut bouleversé en son esprit, et il rendit témoignage ».  Quel message Jésus adresse-t-il à ses disciples par ce témoignage ? A qui s’adresse ce message ? Seulement à Judas, à Pierre aussi, aux autres disciples… ?

Dans la tradition biblique, ce geste de donner la première bouchée à un invité est un geste d’alliance, un geste par lequel on assure l’autre de sa protection, de la fidélité de son amitié. Jésus, en choisissant de la donner à Judas, met en lumière pour ses disciples le sens des événements qui vont suivre.  En donnant sa vie, Jésus manifeste la puissance de l’amour de Dieu offert à tous comme chemin de vie. Lorsque cet amour habite le cœur de l’homme, Dieu ne l’abandonne pas aux forces du mal et de la mort qui détruisent la vie.

Ce don que Dieu fait de sa vie et de son amour, il est offert à tous. Dieu est fidèle jusqu’au bout à son alliance. Son amour ne fera défaut à personne, pas même à celui qui va le livrer. A chacun de choisir de s’en remettre ou non à lui pour échapper au pouvoir du mal et de la mort.

Judas prend la bouchée que lui tend Jésus. Sans doute, il ne peut plus reculer. « Ce que tu fais, fais le vite »  lui dit Jésus.  En prenant la bouchée, Judas manifeste sans doute que, dans son désespoir, la seule issue qui s’offre encore pour sa vie, c’est de s’abandonner à la puissance de cet amour qui seul peut le délivrer du mal qui habite son cœur.

« Ce que tu fais, fais le vite ». Il est venu le moment où Dieu peut manifester la puissance de son amour offert à tous les hommes comme chemin de vie et de salut.  « Ce que tu fais, fais le vite ». Au moment où il s’approche de la mort, en renouvelant ce signe de l’Alliance, Jésus exprime avec force et empressement toute la confiance qu’il a en l’amour de son Père de qui tout homme tient la vie. « Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ».

La gloire du Fils, c’est de montrer par sa vie le vrai visage de son Père encore invisible à nos yeux. La gloire du Père, c’est de donner sa vie par amour pour le bonheur des hommes. La gloire de l’homme, c’est de faire vivre dans le monde cet amour à travers tous ces signes d’alliance que sont nos gestes de partage, d’entraide et de pardon. Ils nous unissent dans un même esprit d’amour promesse de vie et de bonheur pour l’éternité.

 

Temps musical

Cantique d’Ézékias (Tamié)

https://www.youtube.com/watch?v=cXVNcgtkaZM

Je disais : Au milieu de mes jours,
   je m’en vais ; *
j’ai ma place entre les morts
   pour la fin de mes années.

Je disais : Je ne verrai pas le Seigneur
   sur la terre des vivants, *
plus un visage d’homme
   parmi les habitants du monde !

Ma demeure m’est enlevée, arrachée,
   comme une tente de berger. *
Tel un tisserand, j’ai dévidé ma vie :
   le fil est tranché.

Du jour à la nuit, tu m’achèves ;
j’ai crié jusqu’au matin. *
Comme un lion, il a broyé tous mes os.
   Du jour à la nuit, tu m’achèves.

Comme l’hirondelle, je crie ;
   je gémis comme la colombe. *
À regarder là-haut, mes yeux faiblissent :
   Seigneur, je défaille ! Sois mon soutien !

Que lui dirai-je pour qu’il me réponde,
   à lui qui agit ? *
J’irais, errant au long de mes années
   avec mon amertume ?

Oui, tu me guériras, tu me feras vivre : *
mon amertume amère me conduit à la paix.

Et toi, tu t’es attaché à mon âme,
   tu me tires du néant de l’abîme. *
Tu as jeté, loin derrière toi,
   tous mes péchés.

La mort ne peut te rendre grâce,
ni le séjour des morts, te louer, *
Ils n’espèrent plus ta fidélité,
ceux qui descendent dans la fosse.

Le vivant, le vivant, lui, te rend grâce,
   comme moi, aujourd’hui. *
Et le père à ses enfants
   montrera ta fidélité.

Seigneur, viens me sauver ! +
Et nous jouerons sur nos cithares,
   tous les jours de notre vie, *
auprès de la maison du Seigneur.

 

Prière

Psaume (70 (71), 1-2, 3, 5a.6, 15ab.17)

En toi, Seigneur, j’ai mon refuge :
garde-moi d’être humilié pour toujours.
Dans ta justice, défends-moi, libère-moi,
tends l’oreille vers moi, et sauve-moi.

Sois le rocher qui m’accueille,
toujours accessible ;
tu as résolu de me sauver :
ma forteresse et mon roc, c’est toi !

Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
Toi, mon soutien dès avant ma naissance,
tu m’as choisi dès le ventre de ma mère ;
tu seras ma louange toujours !

Ma bouche annonce tout le jour
tes actes de justice et de salut ;
Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse,
jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles.


X