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Le Denier

Commentaire d’Évangile du 3 avril

Commentaire évangile


Lire l’Évangile en cliquant ici

Commentaire proposé par Sr Claire, Clarisse

Commentaire de Jean 10,31-42

                Ce texte, difficile, est un des nombreux épisodes où  Jean l’évangéliste nous montre Jésus pris à partie par les juifs (entendez par « Juifs » non pas les membres du peuple élu en général mais les adversaires de Jésus, les incrédules faussement religieux, prêts à le traîner devant les autorités constituées).

                Je vous propose de regarder de près comment Jésus se positionne face à ces adversaires.

En clair, les juifs reprochent à Jésus, lui, un homme, de se revendiquer Fils de Dieu. Or, par sa réponse, Jésus manifeste que ce qui lui importe, c’est le Père. Devant les lourdes accusations des juifs, ce que Jésus cherche à faire ce n’est pas de se défendre lui-même, mais de défendre le Père. Il s’efface devant le Père, et voudrait faire comprendre à ses accusateurs que le mettre en cause, l’accuser de blasphème c’est mettre en doute le Père lui-même : « Je vous ai fait voir tant d’œuvres  belles qui venaient du Père ». Jésus ne discute pas à coups d’arguments, mais au niveau des faits, des œuvres : j’ai accompli des œuvres que nul homme n’a jamais pu faire. Et ces œuvres, vous n’avez pas su les lire comme des signes, c’est à dire comme des actes qui ont un sens, qui ont une signification, un sens caché qu’il est urgent de décoder. Ces œuvres, elles sont du Père, du Père qui a donné à son Fils mission de les accomplir. C’est comme s’il disait : « Laissez-vous conduire par ces œuvres ; elles vous conduiront au Père, elles vous conduiront à la foi. On croit entendre la plainte du Seigneur chez le prophète Isaïe : « J’ai dit : Me voici, me voici » à une nation qui n’invoquait pas mon nom, j’ai tendu mes mains, à longueur de jours vers un peuple rebelle, vers ceux qui suivent le chemin qui n’est pas bon. » Is 65, 1-2.

C’est la même ingratitude, face à Jésus. Et si grand est l’amour de Jésus pour son Père et pour la mission qu’il lui a confiée… si grand son amour pour ceux à qui il doit la transmettre qu’il en reste rigoureusement à son rôle de chemin vers le Père, comme il s’est défini lui-même en une autre circonstance.  « Si je fais les œuvres du Père, quand bien même vous ne me croiriez pas, croyez en ces œuvres. Et ainsi vous connaîtrez et vous connaîtrez de mieux en mieux que le Père est en moi et moi dans le Père. » On s’émerveille que, devant des cœurs endurcis et malveillants, Jésus ne répugne pas à dévoiler le plus intime de ce qu’Il vit avec son Père. Ce qui signifie qu’Il croit possible, chez ses adversaires, une conversion, une ouverture au mystère indicible de l’amour qui unit le Père et le Fils. Et de fait, notre passage se termine par la notation que Jésus se retire au-delà du Jourdain et que là, beaucoup vinrent à Lui et ils furent nombreux à croire en lui.

                Ce passage peut nous éclairer sur notre propre relation avec le Seigneur : à y regarder d’un peu près, si nous sommes loyaux, nous constaterons qu’au fond de nous-mêmes parfois, une petite voix se fait entendre qui nous indique une direction ; mais nous faisons la sourde oreille ; « Aujourd’hui, si vous entendez la voix du Seigneur… » Que de fois nous chantons ce refrain, jolie ritournelle que nous ne prenons pas au sérieux ; mais Lui ne se lasse pas de frapper à la porte de notre cœur ; parfois comme une simple invitation, parfois comme un appel poignant. Et comme aux juifs, Jésus nous dit : « Si tu ne crois pas en moi, crois dans les œuvres que je fais pour toi, dans les signes que je te donne. »

                Peut-être pourrions-nous même appliquer ces considérations à ce qu’il nous est donné de vivre aujourd’hui : la pandémie de coronavirus nous a tous pris de court. Les informations, souvent alarmantes, nous agressent… mais, discrètement, de petites voix se font entendre : « il faut revenir à l‘essentiel.» « Nous avons besoin de retrouver les valeurs humaines, chrétiennes, solidaires. » « La planète se porte mieux depuis que nous vivons au ralenti. » «  Après la fin du confinement, il ne faudra pas revivre comme avant. »

L’appel poignant de Jésus ne cesse de retentir, porteur de la mission que le Père lui a confiée, signe de l’unité d’amour du Père et du Fils, et de leur amour pour la famille humaine.

« Aujourd’hui, si vous entendez la voix du Seigneur, ne Lui fermez pas votre cœur. »

Temps musical

L’Église ouvre le livre : https://www.youtube.com/watch?v=e4Sh1v4nCAM
(Texte : CFC / Musique : Claude Duchesneau)

  1. L’Eglise ouvre le livre et se souvient :
    L’Amour nous a aimés jusqu’a la fin.
    Que nul ne désespère du pardon
    Jésus nous a saisis dans sa passion.
    Seigneur, fais-nous brûler de ton amour ! (bis)
  1. Voici la croix dressée sur nos chemins :
    L’Amour nous a aimés jusqu’à la fin.
    La lance a fait jaillir l’eau et le sang,
    Jésus est retourné au Dieu vivant.
    Seigneur, fais-nous brûler de ton amour ! (bis)
  1. Veilleurs, ne doutez pas du jour qui vient :
    L’Amour nous a aimés jusqu’à la fin.
    A l’heure où son offrande est accomplie,
    Jésus nous donne encore le pain de vie.
    Seigneur, fais-nous brûler de ton amour ! (bis)

 

Prière

Que le Seigneur Jésus pose Lui-même
les
mains sur nos yeux.
Qu’Il nous ouvre les yeux,
pour
qu’ils ne s’arrêtent jamais
aux
réalités présentes
mais
aux biens invisibles, à venir.
Qu’Il nous dévoile le regard du cœur
,
nous faisant contempler Dieu,
en
esprit et en vérité.

Prière d’Origène


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