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Commentaire d’évangile du 29 mars

Commentaire évangile


Jean 11 (1-45) – Lire l’Évangile en cliquant ici

Commentaire proposé par P. Philippe Kloeckner

Bien chers amis de notre diocèse de Clermont, les lectures de ce dimanche peuvent nous toucher au plus profond de notre être, particulièrement en ce temps d’épidémie véritablement incontrôlable.

En effet l’évangile de Jean nous rappelle cet épisode triste de la mort de Lazare, ami de Jésus.

Avec vous je suis touché par ce message envoyé à Jésus par Marthe et Marie :

                        « Seigneur, celui que tu aimes est malade.»

Cette phrase résonne dans nos esprits et nous avons envie de la reprendre aussi pour des êtres chers, des personnes qui nous sont proches, peut-être aussi pour nous-mêmes. Certains diront peut-être « pas encore ! ». Ce qui est certain c’est que nous avons le désir de confier au Seigneur, Dieu de la vie, ceux et celles qui sont malades. Nous redisons aussi comme ces femmes « celui que tu aimes est malade »

Alors frères et sœurs bien aimés, en redisant cette expression nous prenons conscience encore davantage que nous sommes aimés de Dieu. Cette conscience de la puissance d’amour de Dieu sur nous est certainement la force la plus grande et la plus belle que nous ayons. Se savoir aimé permet de traverser les pires tempêtes de la vie, nous le savons en particulier dans l’accompagnement des mourants qui ont tant besoin de sentir la présence des êtres chers à leurs côtés, même si actuellement cette présence est douloureusement impossible. Le plus grand bonheur d’un être est donc bien de se savoir aimé, de se sentir aimé, le reste vient en surcroît.

Ce qui semble passionnant dans cette expression, c’est le lien fait avec la maladie. Cela ne surprendra certainement aucun lecteur habitué des Évangiles, qui sait toute l’attention de Jésus aux malades. Il s’approche des malades, il se laisse interpeller, il est compatissant mais surtout il exprime l’amour de Dieu en indiquant que c’est la foi qui va les sauver, ce qu’il rappelle presque à chaque guérison. D’ailleurs à la fin de l’Évangile de ce jour, il est dit : « beaucoup de juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait crurent en lui. »

Cet épisode de l’Évangile de Jean nous invite nous aussi à nous remettre en totale confiance à Jésus le Christ qui nous rappelle qu’il est vainqueur de la mort : « Moi, je suis la résurrection et la vie ». Profitons de ce temps pour augmenter nous aussi notre foi, c’est à dire nous rapprocher du Seigneur afin de nous laisser toucher par Lui.

Cette démarche de conversion s’opère grâce à la force de l’Esprit comme nous le redit Saint Paul aux Romains : « l’Esprit vous fait vivre », cet Esprit qui habite déjà en nous et que nous devons écouter.

D’ailleurs ce n’est pas autre chose que disait Ezéchiel dans la première lecture : « je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez ». Cet esprit est donc bien en nous et il nous procure la vie ; laissons-le agir, que ce soit vraiment lui qui nous guide et non les nombreuses sirènes qui chantent actuellement et tout au long de l’histoire.

Cet Evangile est fortement encourageant dans ce temps que nous traversons, il nous invite nous aussi à sortir non pas de notre confinement mais de nos peurs, de nos habitudes, de notre stress, de nos banalités, des fausses nouvelles, de notre égoïsme… En disant à Lazare « viens dehors ! » Jésus nous invite à sortir de nous-mêmes ; c’est souvent ce que rappelle le pape François qui appelle au changement de vie, une vie nouvelle pour laisser se réaliser un peu chaque fois de petites ou de grandes résurrections avant d’arriver un jour à la Résurrection promise.

Pour l’heure le chantier est ouvert, ce ne sont pas les vacances spirituelles, bien au contraire nous sommes en pleine réflexion. L’expérience de cette crise nous fait réfléchir et appelle de grandes transformations avec de grandes conversions. Seuls cela sera difficile, ensemble moins dur, mais avec la force de l’Esprit nous y arriverons. Pâques est au bout du chemin, ne l’oublions jamais.

Père Philippe 

Proposition musicale

Qui regarde vers Dieu : https://www.youtube.com/watch?v=HrM5LN3mHgw

(Taizé)

Qui regarde vers Dieu resplendira
sur son visage plus d’amertume,
sur son visage plus d’amertume.

Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m’entendent et soient en fête !
Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond : de toutes mes frayeurs, il me délivre.
Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses.

Prière

Nous vivons, Seigneur
dans un monde fermé à double tour
verrouillé par des milliers, des millions de clés.
Chacun a les siennes :
celles de la maison et celles de la voiture,
celles de son bureau et celles de son coffre.
Et comme si ce n’était rien que tout cet attirail,
nous cherchons sans cesse une autre clé :
clé de la réussite ou clé du bonheur
clé du pouvoir ou clé des songes…

Toi, Seigneur qui as ouvert les yeux des aveugles et les oreilles des sourds,
donne-nous aujourd’hui la seule clé qui nous manque :
celle qui ne verrouille pas, mais libère ;
celle qui ne renferme pas nos trésors périssables,
mais livre passage à ton amour ;
celle que tu as confiée aux mains fragiles de ton Eglise :
la clé de ton Royaume.

François Séjourné


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