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Commentaire d’évangile du 28 juin 2020

Commentaire évangile


Commentaire proposé par le Père Bernard Lochet

Lire l’évangile en ligne en cliquant ici

 

Qu’est ce qui compte dans la vie ?

On dit facilement que l’argent et le paraître ne comptent pas. Alors ce sont les relations, la famille et les amis qui sont importants ? Oui ! Et là Jésus nous dit qu’il faut Le préférer. Pourquoi Dieu veut-il tant de place ? Pourquoi lui donner une place à part, la première. Et non seulement cela, mais en plus il faut prendre sa croix et le suivre ? Si encore le choix du Christ entraînait une félicité immédiate, on comprendrait, mais là il s’agit de porter sa croix, de faire des efforts, de souffrir même.

Dieu est exclusif, surtout il est différent. Aimer Dieu, son épouse, ses enfants ou ses parents ce n’est pas pareil et ce n’est pas comparable. Là il s’agit de préférence, les enjeux ne sont pas les mêmes et la personne aimée n’est pas sur le même plan. Nous voyons ceux que nous aimons, c’est même une condition d’amour, nous avons du mal à avoir une opinion sur quelqu’un que nous n’avons jamais vu, à fortiori des sentiments. Or, Dieu nous l’aimons indépendamment de la vision ou d’expériences relationnelles semblables à celles que nous pouvons avoir avec une autre personne. Aimer Dieu est sans rapport avec d’autres choix. Préférer Dieu est acceptable parce que justement il est hors norme.

Prendre sa croix, c’est assumer les aléas de la vie. Comme Jésus, nous sommes confrontés à l’injustice et au mal. Avancer avec le Seigneur, c’est ne pas se laisser décourager par les vicissitudes du quotidien et même les pires ennuis. Il ne s’agit ni de les nier, ni de les cacher mais au contraire, de les affronter. Perdre sa vie ne veut pas dire tout perdre mais perdre quelque chose maintenant en sachant que justement le Seigneur nous accueille. C’est perdre pour recevoir davantage.

Ce choix du Seigneur signifie peut-être moins de confort ou des choses que nous ne ferons pas, mais nous donneraient-elles le bonheur si nous les possédions ou faisions ces choses ? Jésus nous parle justement de perdre, il faut perdre pour gagner. Sachant en plus que posséder des objets, convoiter de flatteuses relations sont autant de satisfactions qui appellent toujours plus. Nous ne serons jamais satisfaits par les illusions du monde.

Alors on dit beaucoup : « l’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue… » Eh bien c’est faux, s’il s’agit d’un vrai bonheur et non d’une illusion. Notre envie d’être heureux est tout à fait légitime, elle doit-être sélective et ne pas se faire avoir par des apparences trompeuses qui ne sont que de fausses routes qui ne conduisent pas à la joie.

Le Christ est celui qui nous reçoit, c’est bien une relation personnelle et intime avec le Seigneur qui nous invite à sa suite, à donner à boire, c’est à dire rester attentif à nos frères. La chance de connaître le Christ et d’être disciple nous donne une responsabilité, celle d’accueillir en chaque homme un frère porteur du visage du Seigneur.

De notre relation au Seigneur se pose alors la question de la place que nous lui donnons et de notre action. Sommes-nous dans la reconnaissance de nos frères, comme envoyés du Seigneur et voulons-nous vraiment nous laisser porter ou entraîner dans une relation au Seigneur qui est seule source de bonheur authentique ?

La messe est cet accueil toujours renouvelé de Celui qui est le but et le chemin. Alors oui, entrons dans la confiance de Celui qui est tout. Peut-être le modèle de sobriété heureuse dont on parle actuellement, réside dans le choix du Seigneur qui est aussi l’ouverture du prochain, c’est à dire de Celui qui vient nous déranger. Peut-être faut-il nous inscrire dans une chaîne de relations où la réciprocité devient dynamisme de rencontre et de paix ? Accueillir et se laisser accueillir !

Bernard Lochet
Vicaire général


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