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Commentaire d’évangile du 26 avril 2020

Commentaire évangile


Commentaire proposé par P. Bernard Lochet

Lire l’évangile en ligne en cliquant ici

 

Evangile du 26 avril 2020La bible illustrée qui berça mon enfance montrait Jésus, la tête couverte, accompagné de deux disciples. Ma Mère me précisa que Jésus ne s’était pas déguisé, ils ne le reconnurent pas. Pourquoi ? Il n’avait pas forcément changé d’apparence et St Luc nous entraine vers une autre identification qui est rencontre du Christ. Marcher avec Jésus, c’est d’abord l’écouter. Sa Parole donne le cœur tout brûlant et le geste de la fraction du pain l’authentifie.

La Parole de Jésus ce n’est pas le son de sa voix, c’est bien le contenu de ce qui est énoncé, le fond de son message, quand il donne sens au récit documenté des disciples. Cléophas et son compère ont tous les éléments, de la puissance de sa parole, du tombeau vide, du récit des femmes et de l’attestation des apôtres, tout cela ils le connaissent. Mais ils ne comprennent toujours pas. Les événements ne correspondent pas à ce qu’ils attendaient et plus encore à ce qu’ils espéraient. Jésus a commencé par les faire parler et ils ont les bonnes réponses. Il leur faut ensuite l’explication du Seigneur, Écritures à l’appui, pour comprendre.

Il y a quelques années à Bethléem, il m’a été donné de comprendre ce que veut dire le visage du Seigneur. Dans la grotte de la nativité, au champ des bergers, je pris l’enfant de la crèche et je regardais cette tête de bébé. Il avait le visage de tous les nouveaux nés. Le Christ en devenant homme a tous les visages, en devenant l’un de nous, il a toutes les apparences. Ce n’est donc pas un visage à chercher, mais une action, des paroles, des attitudes qui nous disent qui il est.

Dans notre période troublée et enfermante on nous répète les mêmes consignes qui déclenchent deux effets contradictoires, ceux qui ont peur de tout, ceux pour qui respirer l’air des rues vides devient un danger et ceux qui sont prêts à tout braver pour retrouver un peu de liberté. La vérité est forcément plus mesurée. La peur défigure notre vision et nous rend la compréhension la plus élémentaire difficile.

L’auberge est le point d’ancrage du récit qui nous enseigne une première chose, le Christ se laisse inviter. C’est même son intention puisque, facétieux, il fait mine d’aller plus loin, il attendait apparemment d’être retenu. Même la nuit s’y met et elle tombe très vite en Orient, on peut penser aussi que c’est la nuit de la foi qui va se dissiper dans le geste qui entraine la soustraction à leur regard. C’est un constat étrange qui se fait où celui dont le visage ne disait rien disparaît dès qu’il est reconnu à la faveur d’un geste. Alors la Parole devient révélation et l’on n’a plus faim à la table d’Emmaüs si ce n’est une énorme envie de témoigner immédiatement.

Deux réflexions entendues dans une rencontre virtuelle d’un groupe de chrétiens m’ont alerté. D’abord, « la messe suivie à la télévision est de meilleure qualité que dans ma communauté », les chants, l’homélie et les détails liturgiques sont d’une qualité plus forte que les approximations de ma paroisse. C’est souvent vrai. Mais un repas de famille reste un moment avec ceux que nous aimons. Je me souviens des invitations de tante Amélie, elle cuisinait mal, ce n’était pas bon et si nous la félicitions par politesse, son accueil et la joie de nous retrouver étaient remarquables et compensaient son handicap culinaire. Ma famille est ce qu’elle est, mais je n’en ai pas d’autre.

Ensuite, la communion, « recevoir l’hostie, me manque », oui la communion nous manque. Des communautés ont été privées de la communion au Corps du Christ très longtemps. Si nous regardons le récit d’Emmaüs nous voyons l’importance de la Parole du Seigneur, de sa présence. C’est parce qu’il est là, pose des questions, instruit, donne sens, autrement dit c’est parce que Jésus marche avec eux qu’ils comprennent et l’auberge vient ratifier cela. Mais c’est aussi lorsque le Christ disparaît qu’ils voient !

Si la résurrection du Christ a un sens, c’est bien de nous donner la présence du Seigneur à nos côtés. En ces temps de confinement, plus que jamais, profitons de Sa présence, comme les disciples invitons-le dans notre auberge en sachant que sa parole nous brûle déjà, si nous l’écoutons. Alors nos yeux s’ouvriront et nous verrons les choses éclairées par sa présence. Ainsi nos faims et nos attentes seront rassasiées par Celui qui seul peut tout. Le confinement est propice au chemin d’Emmaüs, c’est une occasion d’espérance et de foi renouvelée.

 

Temps musical

Nous te chantons ressuscité : https://www.youtube.com/watch?v=iLd4MebUBPQ

 (Daniel Hameline / Jacques Berthier / Studio SM)

1
Nous te chantons, ressuscité,
Ton jour se lève sur l’humanité,
Tu sors vainqueur de l’ombre des tombeaux,
Soleil vivant des temps nouveaux.

2
Tout l’univers remonte au jour,
Capable enfin de t’appeler « Amour ».
Un chant nouveau pour les enfants perdus :
Le nom de Dieu nous est rendu.

3
Tu as ouvert pour tous les tiens
En grand la porte du très vieux jardin,
Où Dieu convie les hommes pour la joie
Sous l’arbre immense de ta Croix.

4
Vous qui dormez, réveillez-vous,
La nuit émet le signe de l’Epoux.
Il vient chercher le peuple des croyants,
« Amen » de gloire au Dieu vivant.


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