Facebook
Agenda
Web-TV
Rcf
Le Denier

Commentaire d’évangile du 25 mars

Commentaire évangile


Évangile de Luc 1, 26-38

Commentaire d’évangile du père Jean-Marc Couhert

Depuis quelques jours, un étrange silence s’est abattu sur notre pays !… La guerre contre l’ennemi invisible, le Covid-19, a vidé les rues et les places, les écoles et les jardins… En ce temps du carême, c’est comme une retraite collective qui s’impose soudainement à toute notre société, interrompant les activités les plus quotidiennes… Nos vies personnelle et communautaire sont bouleversées, déstabilisées… Chaque jour, voire chaque demi-journée, des directives arrivent, depuis quelques semaines et surtout depuis l’allocution du président de la République. Les médias bien utiles pour nous informer peuvent aussi créer un climat répétitif qui devient anxiogène… Nous sommes à l’écoute des annonces, des nouvelles, des directives… Nous essayons de garder des liens, de prendre des nouvelles, de nous donner des nouvelles…

Marie accueille elle aussi une annonce, une nouvelle surprenante, déstabilisante… C’est une cascade de futurs qui la rejoint : «   Voici que tu concevras et enfanteras  un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.  Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Oui, Marie attendait et espérait comme tous ceux de son peuple la venue du Messie : mais quelle image en avait-elle ? Oui Marie était nourrie de la foi et de l’espérance de son peuple mais il lui est demandé de croire à l’inouï, au jamais entendu, même l’on trouve quelques naissances ‘surprenantes’ dans l’Écriture…

Quel est ce Dieu qui se fait proche, qui vient habiter l’humanité ?  Dieu ne vient pas chez nous de façon spectaculaire, victorieux, menaçant, comme des dieux des mythes anciens. Il vient avec ce qui est naturel, quotidien, simple, parfois pauvre. Il vient avec ce en quoi nous ne chercherions pas spontanément sa présence, son action, sa proximité. Il vient vers nous avec ce qui est presque banal, comme un sourire, une parole, une attention, un regard… Marie s’offre à la venue de Celui qui ne cesse de la surprendre, de la provoquer à la foi… Elle s’est laissée interpeller pour engager toute son existence dans un Oui de liberté.  A un peuple en souffrance (Israël occupé) une espérance fragile et belle est annoncée : une naissance. Une femme de notre humanité va donner naissance à « Celui qui vient combler et même dépasser l’espérance des nations. » (préface de l’Annonciation)

Je pense à Marie et Joseph qui perdent et retrouvent Jésus au Temple de Jérusalem. Je pense du coup à l’apparent appauvrissement liturgique et sacramentel qu’entraîne cette pandémie. Et si cet apparent appauvrissement liturgique pouvait  devenir un temps d’humanité partagée, un temps de compassion vécue, un temps où nous devenons partage, pain rompu, vie donnée…  L’invitation faite aux fidèles de prier à la maison et de s’unir, à travers les moyens de communication, aux célébrations transmises par les médias, est une reconnaissance qu’il est possible de vivre d’une autre    façon  sa  vie de prière, dans un cadre plus personnel et plus intime… Si, d’un côté, la contrainte de la nécessité représente une privation, de l’autre elle permet à chaque baptisé un élargissement et un approfondissement de sa conscience baptismale. Et sans doute aussi de sa conscience ecclésiale : que représente pour lui l’Église ? Comment lui est-il relié ? L’Église se donne à voir à travers l’humanité des disciples. Face à mon prochain, c’est-à-dire tout homme, la capacité de compatir, de comprendre, viennent de l’Esprit de Jésus et lui donnent corps – c’est aussi le sens de l’Annonciation.

L’évangile de l’Annonciation se termine par ces mots : « Alors, l’ange la quitta ! » On pourrait dire, l’ange a rempli sa mission, il s’en va ! Mais nous pouvons aussi dire que c’est un temps de solitude, de germination, de foi qui s’ouvre pour Marie qui sera accompagnée par quel signe venant du ciel ?… Elle va avancer dans l’ordinaire des jours au pas de la foi, de la vie, pas parfois alertes mais aussi parfois pesants… Qu’elle accompagne nos pas, les pas des souffrants, des soignants, des gouvernants en ces temps d’épreuve…  Marie, première en chemin et première au terme du chemin : la Gloire du Père aux côtés de ton Fils ressuscité ; prie pour nous, prie avec nous !…

Père Jean Marc Couhert

Proposition musicale

Voici que l’ange Gabriel : https://www.youtube.com/watch?v=wIif3I653E4

(Chants de l’Emmanuel / Éditions de l’Emmanuel)

Voici que l’ange Gabriel, devant la Vierge est apparu.
De toi va naître un enfant Dieu,
Et tu l’appelleras Jésus.

  1. De mon Seigneur j’ai tout reçu, je l’ai servi jusqu’à ce jour,
    Qu’il fasse en moi sa volonté, je m’abandonne à son amour.
  2. Et Dieu se fit petit enfant, la Vierge lui donna son corps.
    Il connut tout de notre vie, nos humbles joies et notre mort !

Prier avec le Rosaire (Piano : Dominique Fauchard / Bayard)

https://www.youtube.com/watch?v=wdQYa1O8JXY&list=PL1nL8HRRj6UND4iIcQMdU7Pg_kX5zTF6Q

 

X