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Commentaire d’évangile du 16 avril 2020

Commentaire évangile


Commentaire proposé par P. J. Vignancour

Lire l’évangile en cliquant ici

Jésus est-il vraiment ressuscité ? Ce qui est frappant dans le récit des apparitions du Ressuscité,  c’est que la présence de Jésus ressucité est à la fois bien réelle et en même temps assez mystérieuse. Bien réelle, elle se manifeste de façon très concrète comme dans cette apparition à ses disciples que nous rapporte l’Evangile de St Luc : «Regardez-moi, je ne suis pas un fantôme, dit Jésus, un fantôme n’a pas de chair ni d’os. » «Regardez mes plaies, c’est bien moi.. » «Avez-vous quelque chose à manger ?… »

Et en même temps cette présence de Jésus est mystérieuse : Marie-Madeleine le prend pour le jardinier. Les disciples d’Emmaüs marchent avec lui sans le reconnaître et Jésus leur échappe au moment même où il se laisse entrevoir.

Jésus est le même et pourtant tout autre. La résurrection de Jésus n’est pas un simple retour à la vie antérieure. Elle est passage définitif de la vie d’un homme en la vie de Dieu. Cette présence, toujours mystérieuse, est en même temps bien réelle pour les apôtres au point qu’ils préféreront mourir plutôt que de renoncer à ce qu’ils croient : Jésus est vraiment ressuscité.  

Mais, pour nous aujourd’hui, sur quelle réalité pouvons- nous appuyer  notre foi en la résurrection ? Comment le Christ ressuscité manifeste-t-il aujourd’hui sa présence, présence réelle et en même temps toujours mystérieuse ? 

Les récits des apparitions que nous ont transmis les apôtres permettent de repérer quelques signes laissés par Jésus pour le reconnaître. Je relèverai volontiers trois signes mis en avant plusieurs fois par Jésus que nous retrouvons aussi dans ce passage de l’Evangile de Luc que nous venons de lire.

« Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi » dit Jésus à ses apôtres et Luc poursuit : « après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds ». Le premier signe que Jésus donne à ses disciples pour le reconnaitre, ce sont ses mains : les mains avec lesquelles il a touché le lépreux, l’aveugle, le paralysé pour les guérir, les mains qu’il a imposé sur les malades, la main qu’il a tendue à la fille de Jaïre ou à son ami Lazare pour les relever de la mort.

Sur la croix, les mains transpercées de Jésus ont montré jusqu’où va la fidélité de l’amour de Dieu pour nous. Aujourd’hui encore, le corps du Ressuscité se donne à voir dans ses mains qui se tendent fidèlement vers l’autre quoiqu’il arrive pour le soutenir dans les épreuves de la vie. Elles sont devenues pour toujours signe de l’amour de Dieu qui se livre à travers nos mains pour conduire  sur le chemin de la vie l’homme désorienté par la rencontre du mal, de la souffrance et de la mort.

Le deuxième signe que Jésus montre à ses disciples, ce sont ses pieds. Ses pieds, la femme pécheresse les a baignés de ses larmes au cours du repas chez Simon. A ses pieds, Marie s’est assise pour l’écouter pendant que Marthe préparée le repas. Ces pieds évoquent aussi Jésus marchant avec ses disciples, allant au-devant des foules, ou partant à l’écart pour prier.

Sur la croix les pieds transpercés de Jésus ont laissé voir la fidélité de l’amour de Dieu qui ne cesse de venir à notre rencontre.  Aujourd’hui encore, le corps du Ressuscité se donne à voir dans les pas de l’homme qui va à la rencontre de l’autre pour prendre ensemble la route de la vie. Ils sont devenus pour toujours le signe de l’amour de Dieu qui se livre pour accompagner vers la vérité l’homme confronté aux questions du sens de la vie.

« Avez-vous quelque chose à manger », le troisième signe de sa présence Jésus Ressuscité l’a lié à un repas. C’est au cours d’un repas de noce à Cana que Jésus transforme l’eau en vin. C’est au cours d’un repas qu’il lave les pieds de ces disciples et qu’il leur donne le pain de vie.

Par la croix du Christ, le pain de ce repas est devenu corps livré pour nous, signe de l’amour qui offre sa vie en nourriture aux hommes en quête du bonheur. Aujourd’hui encore, le corps du ressuscité se donne à voir dans l’homme qui partage et donne un peu de lui-même pour la vie de ses frères.  

Aujourd’hui, comme les apôtres, nous pouvons reconnaître réellement et mystérieusement cette présence du ressuscité dans ces gestes, ces paroles, ces initiatives qui sont signes de la fidélité de l’amour. Ils continuent de sauver l’humanité, car ils sont marqués de la force de l’amour de Dieu qui relève, qui accompagne et qui partage. Ils sont signes de la vie qui se donne par amour.

Nous sommes envoyés pour être, réellement et mystérieusement, les témoins de l’amour de Dieu toujours vivants dans le Christ ressuscité. Que la foi au Christ ressuscité nous comble de la joie de sa présence et nous donne, comme aux apôtres, le courage d’en être les témoins dans le quotidien de nos vies.

 

Temps musical

Psaume 113a : https://www.youtube.com/watch?v=AOQMrSc_358

(AELF / Joseph Gelineau)

1 Quand Israël sortit d’Égypte,
et Jacob, de chez un peuple étranger,
2 Juda fut pour Dieu un sanctuaire,
Israël devint son domaine.

3 La mer voit et s’enfuit,
le Jourdain retourne en arrière.
4 Comme des béliers, bondissent les montagnes,
et les collines, comme des agneaux.

5 Qu’as-tu, mer, à t’enfuir,
Jourdain, à retourner en arrière ?
6 Montagnes, pourquoi bondir comme des béliers,
collines, comme des agneaux ?

7 Tremble, terre, devant le Maître,
devant la face du Dieu de Jacob,
8 lui qui change le rocher en source
et la pierre en fontaine !


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