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Le Denier

Commentaire d’évangile du 14 juin 2020

Commentaire évangile


Commentaire proposé par P. Bernard Lochet ne la solennité du Saint Sacrement

Lire l’évangile en ligne en cliquant ici

 

L’Evangile nous dit comment être sauvé, c’est à dire être toujours dans la joie, hors du temps et de l’espace, avec le Seigneur. En Matthieu 25 c’est clair : vous m’avez donné à boire, à manger, des vêtements, votre action auprès des plus petits qui sont les frères du Christ, c’est au Sauveur lui-même que vous l’avez faite. Jugé sur la charité, c’est clair. Mais Saint Paul nous rappelle que nos œuvres ne suffisent pas, seule la foi sauve, parce que si nous sommes croyants, si nous mettons notre confiance dans le Seigneur, nous agirons forcément de manière juste.

Et Jésus vient nous nourrir de son Corps qui est vie, au sens où il nous rend vivant et donne la vie éternelle, c’est-à-dire d’entrer dès maintenant dans sa présence féconde qui jamais ne nous abandonne. Ainsi pouvons-nous dire que recevoir le Corps du Christ, c’est avoir la vie, non pas celle que nous connaissons qui s’achève et qui est marquée par la douleur, la souffrance et le péché, mais celle qui est éternité et félicité. Le Corps du Christ est nourriture pour fortifier notre foi et ainsi doper nos actes de l’énergie de l’amour de Dieu.

Jésus signe sa présence sur terre par un repas de fête, à la fois religieux, c’est le repas Pascal, fraternel, tous les apôtres sont présents, et tournés vers l’avenir puisqu’il est à refaire en mémoire de Lui. Un repas de famille, c’est ce qu’il y a de plus beau, Jésus donne de l’importance à la communauté de même racine que le mot « communion » pour donner sens à ce rassemblement offert qui nous dépasse.

Jésus nous invite à son repas pour refaire nos forces, pour nous rassembler autour de lui et en lui. La communauté fait l’Eucharistie et l’Eucharistie fait la communauté et la constitue. Le peuple de Dieu c’est bien aussi celui qui va à la Messe et sûrement encore beaucoup d’autres, mais nous ne le savons pas car c’est Lui qui appelle et juge. C’est une invitation du Seigneur à laquelle nous répondons. Recevoir ce pain devenu le Seigneur, c’est se laisser habiter et transformer par Celui qui est vie au sens de l’action, de l’accueil de l’autre. Communier c’est entrer dans une relation intime avec le Seigneur au milieu des autres, avec eux et pour eux.

Communier nous transforme et il faut profiter de cette présence la laisser grandir en nous et vouloir que cette chance de recevoir le Seigneur nous fasse aller à Lui. Nous aurons toujours à faire l’effort de notre « oui », de recevoir, d’accueillir et d’accepter que le Seigneur nous prenne avec lui.

Célébrer est un moment de notre semaine qui fait respirer nos cœurs, nos âmes, nos esprits. La Parole de Dieu nourrit ; l’écouter, la connaître et se laisser interpeller par elle, c’est entrer dans l’action du Seigneur qui nous change pour le suivre davantage. Notre participation au festin des noces de l’Agneau, à la Messe, c’est entrer dans une expérience qui réclame notre disponibilité afin de recevoir la force qui nous manque.

Toutes les nourritures ne rassasient qu’un moment, certes un bon repas nous « calera » plus longtemps qu’un repas de semaine pris en vitesse. Se pose alors la question : avons-nous faim de Dieu, de rencontrer nos frères, d’agir pour eux ?

Communier ne sera jamais une satisfaction personnelle ou l’accomplissement d’un devoir nécessaire. C’est d’abord le choix d’une rencontre consentie, volontaire et en attente. Nous attendons quelque chose de notre communion, pas seulement un effet ou un sentiment passager, mais la force de nous avancer vers le Seigneur et vers nos frères. Membres d’un peuple, nous rencontrerons nos frères et nos sœurs pour avancer avec eux. Faire partie du corps du Christ nous fait progresser à sa ressemblance.

C’est la nourriture de la route pour qu’elle soit avancée vers le Christ.

 


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