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Le Denier

Cherchons ensemble !

Notre archevêque


             « L’Église puydômoise manque de prêtres », titrait La Montagne en première page de son édition du 8 mai 2019. C’est une réalité, mais pas une nouveauté. Douze apôtres, soixante-douze disciples, sept diacres… L’Église a-t-elle jamais compté suffisamment de ministres ? Elle avance au fil des siècles, entre pléthore et pénurie, sans jamais atteindre au dispositif ministériel parfait, pour la bonne raison qu’elle n’est pas une organisation où tout est prévisible et planifiable. Les communautés chrétiennes peuvent souhaiter, pour l’annonce de l’Évangile et le service de leur sanctification, des ministres plus nombreux. Il est bon qu’elles prient le maître de la moisson, afin qu’il envoie davantage d’ouvriers à sa moisson. Elles doivent aussi durer avec les moyens dont elles disposent, sans cesser d’inventer, d’innover, de risquer de nouvelles manières de faire.

La publication des dernières nominations mettra fin, pour 2019, aux rumeurs et aux spéculations qui enflent chaque année à l’approche du 30 juin. Nommer, quand on est peu nombreux, en tenant compte de tous les paramètres, est un exercice difficile pour l’évêque et son conseil. Nous avons fait pour le mieux, cette année encore. Jusques à quand ? Le diocèse de Clermont compte peu de vocations, peu de prêtres fidei donum. On peut toujours faire appel à « l’extérieur », comme beaucoup me le suggèrent. De fait, il y a des appels. Il y a aussi des réponses et nous sommes heureux d’accueillir des frères et sœurs qui viennent ici moissonner avec nous. Mais que serait une Église diocésaine qui ne trouverait plus en son propre sein les ressources humaines suffisantes pour appeler et envoyer ? 

Cette année encore, « ça passe ». Qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Nous atteignons vraiment aux limites d’un système. Cependant, ne cédons ni à la résignation, ni à la désespérance. Il faut repenser la manière de s’organiser, de répartir les forces, de travailler ensemble. Le conseil presbytéral est prêt à se saisir de cette question. L’année de « remémoration » du synode diocésain devrait impliquer toutes nos communautés dans la recherche d’autres manières de vivre en Église, plus synodales selon le vœu de notre pape. Beaucoup de baptisés s’interrogent actuellement, dans un contexte de lutte contre les abus, sur l’avenir de la gouvernance. Cherchons ensemble ! Sans perdre de vue la raison première de l’organisation en Église : annoncer l’Évangile. En restant à l’écoute du seul bon pasteur : Jésus, le Christ ressuscité. En nous laissant emporter par le souffle de l’Esprit Saint, qui nous enseigne toutes choses et nous fait ressouvenir de tout ce que Jésus nous a dit (cf. Jn 14, 26).

 

                                                                                  + François KALIST

                                                                                  Archevêque de Clermont


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