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Le Denier

Amour et politique

Notre archevêque


Avons-nous déjà terminé la lecture de Laudato Si ? En tout cas, nous n’avons pas fini d’en tirer toutes les conséquences pratiques. Et voici qu’un nouveau message nous est adressé, le 4 octobre 2020, par le pape François : Fratelli tutti, lettre encyclique sur la fraternité et l’amitié sociale. Le nom de l’auteur, la date de publication, l’emprunt du titre à saint François d’Assise, révèlent déjà le dessein de ce texte dont la portée se veut universelle, et dont le contenu s’annonce dans la continuité du document paru en 2015 sur la sauvegarde de la maison commune.

 

Il est impossible d’en présenter en quelques lignes tout le riche contenu. Nous prendrons le temps de le découvrir. Un aspect, cependant, retient déjà notre attention. Laudato Si mettait en évidence le rapport entre écologie et institutions, tant il est vrai que « tout est lié » : « Si tout est lié, l’état des institutions d’une société a aussi des conséquences sur l’environnement et sur la qualité de la vie humaine » (LS n°142) ; « La préservation de la nature fait partie d’un style de vie qui implique une capacité de cohabitation et de communion » (LS n°228). Fratelli tutti développe ce thème de l’amour civil et politique (FT n°176-192) qui seul peut relever les grands défis d’une saine gérance de la création et d’un vivre ensemble harmonieux.

La nouvelle encyclique arrive en un moment favorable. Notre monde est inquiet, il se sent menacé, la pandémie est cause d’incertitudes et de tensions. Les démocraties traversent une crise de confiance, leur crédibilité est en jeu devant des peuples déçus, désabusés, ou tentés de se replier sur eux-mêmes en rejetant l’étranger. Notre pays connaît un désarroi social et économique. L’attente de nos concitoyens ne peut être comblée ni par une législation qui prétend garantir toujours plus de droits aux individus, ni par un consumérisme qui entretient la « culture du déchet ». L’homme blessé reste au bord du chemin (cf. Lc 10,25-37). Il nous faut, plus que jamais, retrouver le sens de l’amour social, et réhabiliter la politique (FT n°180-185).

Alors que notre Église diocésaine vient de relancer sa marche en ouvrant, le 25 septembre dernier, une nouvelle année de la synodalité, Fratelli tutti nous invite à marcher tous ensemble, comme un peuple de frères et de sœurs, à la suite de Jésus-Christ. Il s’agit d’explorer, sous sa conduite, de nouveaux chemins pour faire Église, des voies nouvelles pour habiter notre maison commune. Accueillons avec reconnaissance l’encyclique du pape François. C’est un vibrant appel à bâtir un monde de paix, de justice et de fraternité.

 

+ François KALIST
Archevêque de Clermont


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