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« Répondre en Église à l’appel du pape François »

Notre archevêque


            Dès la fin du mois d’août, après quelques semaines de ralenti, on perçoit une sorte de frémissement dans le diocèse. Puis la rentrée arrive, et toutes les activités reprennent avec un nouvel élan, de nouveaux projets, de nouvelles personnes qui ont accepté une mission. Tout le monde se démène, avec un bel enthousiasme, dans ce beau diocèse de Clermont tout heureux de voir la chaîne des Puys inscrite par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité. Partageant la légitime fierté de tous les Auvergnats, en ce début de cette nouvelle année pastorale, je souhaite à tous les fidèles du Christ de grandir dans la foi et de persévérer dans leurs engagements apostoliques, gardant toujours le cœur disponible au souffle de l’Esprit.

            Si l’Église rayonne de la joie de l’Évangile, elle n’en est pas moins affligée par le péché de ses membres. Dans notre monde s’élève le cri de souffrance d’innombrables victimes d’abus sexuels, d’abus de pouvoir, de maltraitance. Le 20 août dernier, à la veille de son voyage en Irlande, le pape François publiait une Lettre au Peuple de Dieu, appelant une réponse « communautaire » aux scandales qui ont couvert notre Église de honte, invitant toutes les forces vives de nos diocèses à se mobiliser afin que soit éradiquée la « culture de l’abus ». Dans cet éditorial de rentrée, je reviens sur deux échéances importantes, qui constituent un début de réponse à cet appel.      

            Le 25 octobre prochain se tiendra au Centre Diocésain de Pastorale une journée sur le thème : « Abus sexuels et maltraitance : prévention et action ». Cette journée s’adresse aux acteurs pastoraux : prêtres, diacres, laïcs en mission ecclésiale, chefs d’établissements catholiques, responsables de mouvements éducatifs, responsables de la catéchèse et de la pastorale des jeunes. Tous doivent se donner des points de repère communs, afin de prévenir les abus et d’alerter, le cas échéant, les autorités compétentes. Tous doivent sans cesse réapprendre à créer, dans l’exercice de leur responsabilité à l’égard des plus jeunes et des plus faibles, une relation à la fois respectueuse et libre, à « juste distance ». Certes, une journée de réflexion ne suffira pas à changer de « culture ». Il faudra d’autres rendez-vous, d’autres initiatives, en direction des acteurs pastoraux. Mais c’est une première étape, à laquelle je les prie instamment de participer. C’est le signe d’une volonté de changement qui doit être ainsi donné, en Église, afin que la confiance soit restaurée, et que rien ne vienne plus jamais ternir la joie de l’Évangile.

            A plus longue échéance, j’invite tous les fidèles à vivre, dans cette même perspective, les deux années qui viennent : relecture du livre des Actes des Apôtres en 2018-2019, préparatoire à la « remémoration » des vingt ans du Synode diocésain prévue pour 2019-2020. Instaurer davantage de synodalité, à tous les niveaux de la vie du diocèse, encourager la participation de tous les membres du Peuple de Dieu dans le processus des décisions qui concernent sa mission et son avenir, n’est-ce pas contribuer à évacuer le « cléricalisme » que le pape désigne comme une cause majeure des abus qui souillent la vie de notre Église ? Il faut en finir avec tout ce qui crée ou entretient des réseaux exclusifs, des espaces fermés d’influence et d’autoritarisme, qui sont autant de terrains favorables aux comportements dévoyés. Unissons donc nos efforts, en vue de bâtir, tous ensemble, une Église plus ouverte, plus transparente, plus « synodale ».

            La route est longue et difficile, pour opérer le changement auquel le successeur de Pierre nous appelle. L’objectif n’est pas d’accomplir quelque réforme superficielle de structures. On sait combien notre pape se méfie des méthodes et des programmes pastoraux, lorsqu’ils prétendent se substituer aux mouvements inspirés par l’Esprit. Ce changement de « culture » est une affaire de conversion personnelle et communautaire. Nous voulons nous engager résolument dans cette voie. Notre vigilance et notre persévérance sont, bien entendu, sollicitées. Mais nous n’hésiterons pas à recourir, comme nous y invite la Lettre au Peuple de Dieu, aux moyens spirituels de la prière et du jeûne, qui nous ramènent à l’essentiel et sont promesses de conversion sincère. Sur ce long chemin d’épreuve et de renouveau, Jésus-Christ, jour après jour, soutient notre marche !

 

                                                                                               + François KALIST

                                                                                            Archevêque de Clermont

Lettre du Pape François au Peuple de Dieu

Message des évêques du Conseil Permanent adressé au Peuple de Dieu qui est en France


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