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Faire de la place à Dieu


faire de la place a dieu

Prendre le temps d’attendre. Et si c’était cela la prière ? Non pas mettre la main sur Dieu, mais faire de la place afin que, peut-être, il vienne

extraits des « essentiels » N° 3159 LA VIE

Elle est seule devant le tombeau vide.

Et elle pleure. Tôt le matin. Marie de Magdala s’est rendue auprès de celui qui était toute sa vie. Jésus ne l’avait pas regardée comme une prostituée, mais comme une femme. D’un regard qui va au delà des apparences. Jésus l’avait libérée du regard des autres.

« On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis » (Jean 20, 11-18).

Marie Madeleine aperçoit une silhouette derriere elle, sans savoir que c’est Jésus. Elle le prend pour le jardinier. Jésus lui dit : « Femme pourqoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »

Pourquoi cette absence au fond de notre coeur ? Pourquoi ce désir toujours insatisfait d’aimer et d’être aimé ? Qui cherchons-nous en réalité ?

 

Alors, Jésus lui dit : « Marie ! » Pas de long discours, pas d’explication, pas de théorie, seulement un prénom. Une rencontre. Il faut entendre Jésus prononcer son nom, avec tout l’amour qui se donne dans cet appel. C’est une des scènes les plus boulversantes de l’Ecriture. C’est ainsi que le Christ nous appelle, chacun, quoi qu’il arrive.

Marie de Magdala n’espère plus rien et elle attend quand même. C’est peut-être cela la prière : attendre.. Prendre le temps d’attendre. Non pas mettre la main sur DIEU, le manipuler ou vouloir le maîtriser, mais simplement faire de la place- et c’est ce qu’il ya de plus difficile- afin que, peut-être il vienne.

Se retournant, elle lui dit en hébreu :  » Rabbouni ! « – ce qui veut dire : « Maître ». Soudain, Jésus se tient là, vivant, derrière elle. La rencontre avec le Seigneur dépasse toujours notre attente.

 

Simone Weil, dans une lettre écrite quelques mois avant sa mort, témoigne de cette rencontre avec le Seigneur : «  Le Christ lui-même est descendu et m’a prise. Dans mes raisonnements sur l’insolubilité du problème de Dieu, je n’avais pas prévu la possibilité de cela, d’un contact réel, de personne à personne, ici-bas, entre un être humain et Dieu. »

Marie de Magdala se retourne- se convertit- et se précipite dans les bras de son Seigneur.

Lorsque nous avons eu très peur pour quelqu’un, rien n’est plus naturel que de nous précipiter vers lui et de le prendre dans nos bras.

On ne met pas la main sur Dieu. On ne peut le garder pour soi. C’est en chemin, auprès de nos frères, et à leur service, que nous rencontrons le Seigneur. C’est pourquoi Jésus répond : ne me retiens pas, ne m’accapare pas. Va plutôt annoncer cette bonne nouvelle à mes frères. Va leur dire que mon Père, c’est aussi votre Père. Et qu’il vous aime infiniment.

 

Pascal David Dominicain

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