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Christ est vraiment ressuscité !


Phenix vitrail de la cathedrale

La lumière du Christ est un jour qui n’a pas de nuit, un jour qui n’a pas de fin …

C’est pour toujours que la lumière céleste resplendit, éclaire et brille, et aucune obscurité ne peut l’emprisonner… de même, c’est pour toujours que la lumière du Christ étincelle, rayonne, illumine, et ne peut être arrêtée par aucune obscurité des péchés… 

(Saint Maxime, évêque de Turin, Homélie pour la Pâque).

Le mystère de la Résurrection du Christ, mystère central du christianisme, est celui d’une « absence » : les soldats endormis n’ont pas été des témoins. Seul, le tombeau vide atteste. La résurrection de Jésus se laisse percevoir objectivement par des effets, soit négatifs comme le tombeau vide, soit positifs comme les apparitions (1) ;

Les peintres ou sculpteurs n’ont pas représenté cet instant avant le XIVème siècle. Auparavant, comme à Mozac, les femmes arrivent au tombeau avec des aromates, trouvent le tombeau vide ou ont l’apparition d’un ange… ou Marie-Madeleine fait face au « jardinier », en qui elle ne reconnaît pas le Christ. On figurait aussi la descente aux enfers, et le Christ, nouvel Adam, brisant les portes et prenant par la main Adam, Eve, et son ancêtre David. Le moment précis de la Résurrection était trop chargé de mystère, trop impressionnant pour être représenté.

C’est dans la nature que l’on a cherché comment évoquer cet instant : la nature est une création de Dieu, et on retrouvait en elle la préfiguration de la Rédemption. Ainsi, le pélican était le symbole de l’Eucharistie : l’oiseau déchirant ses entrailles pour nourrir ses enfants était l’annonce du Christ, vraie nourriture du chrétien. Et un autre oiseau, le phénix, annonçait la Résurrection…

Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont au IVème siècle, a déjà chanté cet oiseau. « Au sein de l’Océan, tout près des Indes lointaines (…) »

L’oiseau fabuleux des Egyptiens a trouvé dans le christianisme le terreau idéal pour développer toutes ses virtualités symboliques. Les poètes des premiers siècles chrétiens ont fait du phénix un oiseau des paradis bibliques: présent dans le premier paradis, il en perpétue la mémoire par ses renaissances périodiques, jusqu’au temps de l’Apocalypse.  Il est le symbole de l’immortalité personnelle et individuelle, un accès au salut éternel dans un lieu céleste. Il concentre l’expérience de la naissance, la vie et la mort, en l’ouvrant sur l’immortalité: il parcourt les cycles de la vie, expérimente l’œuvre du temps, en le transcendant.

Pour le chrétien, il symbolise le mystère central de la Résurrection: celle du Christ, associée au thème de la lumière, et celle de tout homme. Selon le poète Lactance, le phénix obtient la vie éternelle par le bienfait de la mort. La mort a été vaincue (mort, où est ta victoire…), car la terre d’Adam est devenue la cendre du phénix de laquelle jaillit la vie. Comme le phénix qui se plonge dans la mort, le chrétien sait qu’il doit être plongé dans les eaux du Baptême, mort et Résurrection du Christ, pour vivre d’une vie nouvelle, quitter le vieil homme pour revêtir le nouveau…

Oiseau flamboyant, le phénix bat des ailes pour attiser la flamme, comme le soufflet qui attise l’étincelle ; le verrier l’a ici représenté sur la croix composée de rais de lumière, reliant le ciel et la terre, au moment où le Christ abandonne son esprit entre les mains de son Père et en brûlant de charité, reçoit de Lui la vie nouvelle. Ce médaillon, situé dans la chapelle Sainte-Anne de la cathédrale de Clermont, faisait certainement partie d’une verrière typologique de la Passion (2) : des épisodes de l’ancien Testament ou des animaux symboliques entourant des scènes de la Passion du Christ, qu’ils préfiguraient… Etait-il possible de mieux représenter la Lumière du Christ que dans un vitrail, quand la lumière du soleil resplendit ?

Evelyne Hours
Présidente des Amis de la Cathédrale

 

(1) Martelet : Résurrection, Eucharistie et genèse de l’homme

(2) Comme à Bourges, Tours, Canterbury, Chartres

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