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Une liturgie et des rites pour les funérailles : témoignage d’un laïc assurant la présidence des célébrations


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Vous trouverez ici le déroulement habituel d’une célébration. Il prend valeur de témoignage dans la mesure où la personne qui a écrit ce texte nous fait part de son expérience et exprime intériorité et sensibilité.

Qu’il y ait Eucharistie ou simple célébration il y a bien une liturgie des funérailles et des rites à respecter. Lorsque la messe n’est pas célébrée le jour des funérailles, sa célébration, comme le prévoit le rituel, est renvoyée à une assemblée dominicale qui rassemble les proches et la communauté chrétienne.

La préparation avec les proches du défunt permet de construire et mettre en œuvre la célébration à l’église. Celle-ci est un moment important, qui sera bien vécu si nous avons pris le temps de l’écoute avec la famille – nous devons déjà avoir fait un « chemin » ensemble…

Le premier temps du rassemblement exprime la solidarité humaine avec ceux qui sont dans la peine et la possibilité de confier leur douleur à Dieu dont la présence est signifiée tant par le bâtiment église que par la communauté rassemblée. L’ accueil du défunt et de la famille se fait à l’entrée de l’église.

Liturgie de l’accueil
C’est au nom de l’Église et de la communauté chrétienne que le défunt est accueilli, ainsi que tous ses proches et ceux qui sont venus entourer la famille par leur amitié, ou celle qu’ils avaient avec le défunt, quelque soient leurs convictions.
C’est à Dieu que nous présentons la vie du défunt et la peine de ses proches.

Ce rassemblement est aussi l’occasion de tracer le portrait de l’ami disparu, afin de présenter cette vie au Seigneur, dans la vérité de ce que le défunt a vécu avec les siens et avec les autres. Parfois, à son insu, cela a été sa manière de « pratiquer ».
Les familles que nous accueillons pensent pour la plupart que pratiquer, c’est assister à la messe. Ce qui se passe dans leur vie ne leur fait pas toujours découvrir que tous les gestes, les dons, les abandons… sont des gestes de pratique à l’imitation du Christ.

Des signes et symboles, des gestes et des paroles font partie de liturgie de l’accueil :
Croix, lumière, oraison. Les fleurs appellent à l’espérance.

Les prières d’ouvertures dont on aurait pu attendre qu’elles s’adressent seules à Dieu en faveur du défunt, sont aussi destinées aux vivants dans la mesure où ce sont ces derniers qui vont entendre la Parole.

 

Espace spirituel rite
Bougie espace spirituel rite

La Lumière allumée au Cierge Pascal, est le symbole de la Vie et de la Résurrection du Christ.
En souvenir de cette lumière reçue par le défunt à son baptême, nous allumons une bougie, ou des lumignons, qui seront déposés sur le cercueil, en général la famille accepte de faire ce geste.
Un chant pourra suivre, soit sur la lumière ou en introduction à la prière pénitentielle.
(Ce rite peut aussi être placé à un autre moment de la célébration, par exemple après la proclamation de la Parole).

Liturgie de la parole

Certes, dans ces circonstances particulières, les lectures vont prendre en compte la réalité difficile vécue par celui qui est mort, mais la Parole proclamée permettra à celui ou ceux qui restent de trouver l’espérance dont ils ont besoin.
Ces textes choisis par les familles, avec parfois l’aide de ceux qui les accompagnent, deviendront alors une invitation à découvrir dans la mémoire, ce que ce texte leur révèle de la vie du défunt, comment l’Esprit de Dieu a agit en lui, et, comment cette révélation les invite eux-mêmes à la conversion.
Les lectures sont extraites du livre de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament, spécialement des lettres de St Paul et St Jean.

Les Psaumes : de plus en plus employé dans les liturgies lors des assemblées paroissiales, sont la Parole de Dieu se faisant prière.
Ne négligeons pas les antiennes qui colorent ces psaumes de joie, de sérénité et d’espérance !

La Lecture de l’Evangile, proclamée par le Président des funérailles, donnera lieu à un commentaire, commentaire de la Parole et non de la vie du défunt. (Un choix de lecture est proposé dans le livret « Fêtes et saisons », mais pourra prendre aussi les textes du dimanche précédent ou suivant ou les textes du jour).

La prière des fidèles, ou prière universelle. Elle pourra dire tout ce qui n’a pu être exprimé dans le mot d’accueil. On prie par exemple pour le défunt – la famille – l’assemblée – l’Eglise…
La prière d’action de grâce se terminera par la récitation du Notre Père.

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Nous constatons bien souvent une qualité de silence exceptionnelle, lorsque ceux qui conduisent la prière « habitent » les paroles prononcées. Sommes-nous priants avec les mots que nous employons ?… Pour cela il est essentiel de se mettre sous le regard de Dieu avant la célébration, car c’est Lui qui agit dans les cœurs et nous ne connaissons pas le chemin qu’ Il y fait.
Les proches sont parfois dans l’impossibilité de participer oralement ; ils ne peuvent que s’associer silencieusement à ce qui est dit ou chanté. Cette participation intérieure de l’assemblée ne doit pas être sous-estimée. Dieu est présent dans ceux qui écoutent croyants ou incroyants.
Il arrive cependant que certains souhaiteraient participer mais ne savent pas ou ont oublié le Notre Père… noter cette prière s’il y a des livrets de célébration.

Une dernière prière est introduite par le président. Suivent généralement un mot par les proches du défunt, un chant…

Encensement  Il serait bien, que le rite de l’encensement soit repris dans les célébrations de funérailles : il est signe de la prière qui monte vers Dieu pour le défunt et tous les siens – signe aussi de respect pour le corps qui a été animé d’une âme impérissable.

Bénédiction : les rites funéraires balisent un processus de séparation progressive, et l’aspersion est généralement perçue par l’assemblée présente, comme le dernier geste qui scelle cette séparation d’avec un ami ou un voisin. Ce corps inerte joue encore un rôle de médiation dans la relation avec celui où celle qui, nous le croyons, fait son « passage » sa Pâque.
Il est habituel d’offrir à toute l’assemblée de pouvoir participer à ce geste de bénédiction, mais il peut être complété – cela a été mis en œuvre dans certains diocèses avec bonheur : au pied, ou à côté du cercueil, est placée une vasque remplie d’eau bénite, pour que chaque participant qui le souhaite puisse aussi bénir avec l’eau celui qui part ; c’est un geste auquel, les croyants sont très attaché.

Pendant la bénédiction par l’assemblée, on peut mettre une musique adaptée.

Faire vivre les rites

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Selon les situations il sera possible de mettre davantage l’accent sur le défunt ou les vivants.

La liberté est donnée par le rituel : « on peut, on pourra adapter à chaque cas. »

N’oublions jamais de faire vivre les rites, sachant que les gestes accomplis ont pour but de relier les vivants à l’absent et de permettre à celui qui est parti de se retrouver bien avec Dieu. Ils ont pour tâche de conjuguer ensemble l’humanité du défunt, les relations qu’il entretenait avec les vivants, la Parole de Dieu et l’annonce de l’espérance chrétienne.

Il n’est pas possible de célébrer la vie nouvelle du défunt sans que soit évoquée la vie qu’il a eu ici-bas avec nous au temps de son expérience terrestre. A la célébration de funérailles on ne peut que célébrer un vivant, c’est-à-dire la vie d’hier que l’Esprit nous donne à voir alors qu’il n’est plus là. Pour le reste nous le confions à Dieu…

Denise Pipet

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